Conférence animée au sein de la Mosquée Mantes Sud par l’imam Omar Mahassine. Pour découvrir la Mosquée Mantes Sud : www.mosqueemantessud.fr

Conférence animée au sein de la Mosquée Mantes Sud par l’imam Omar Mahassine. Pour découvrir la Mosquée Mantes Sud : www.mosqueemantessud.fr

« Cherche secours auprès du Vrai – à Lui la Toute Puissance et la Majesté – Reviens à Lui en suivant les pas du regret et en Lui présentant tes excuses, afin qu’Il te délivre des mains de tes ennemis, et qu’Il te sauve de l’abîme de la mer où tu sombres !
Souviens-toi des conséquences (néfastes) de la position qui est la tienne et de la vie que tumènes ; et ainsi, Il rendra pour toi facile le fait de t’en séparer !
Tu vis à l’ombre de l’arbre de l’inconscience. Sors de son ombrage, et tu verras la lumière du soleil, et tu reconnaîtras le chemin.
On cultive l’arbre de l’inconscience avec l’eau de l’ignorance. On cultive l’arbre de l’éveil avec l’eau de la réflexion. On cultive l’arbre du repentir avec l’eau du regret. On cultive l’arbre de l’amour avec l’eau de la conformité (al-Muwâfaqa). » [1]
La conformité (almuwâfaqa) signifie : S’abandonner à la volonté de Dieu et se conformer au corps de principes institué par Dieu et illustré parfaitement par le Messager de Dieu (PSDL). S’acquitter de ses devoirs vis-à-vis de Dieu, aspirer à être bon moralement et spirituellement et persévérer dans les actes de piété en évitant les actes blâmables et en endurant avec patience les aléas de la vie. Que Dieu guide nos cœurs, et nous accorde Son Amour et Sa proximité. Amine
[1] Extrait du Livre Al-Fat’h ar-rabbânî wa al-fayd ar-rahmânî, de ‘Abd al-Qâder al-Jîlânî (Paix à son âme).
Le compagnon Abou Darada’ (DAS) disait : « Le fidèle avisé doit examiner et entretenir sa foi de manière régulière, savoir si sa foi augmente ou diminue et sentir les tentations d’où elles viennent les appréhender et les repousser ».
Il est souvent utile de faire le bilan de notre foi et de notre engagement envers Dieu. Comment tester sa foi ? Comment savoir si notre augmente ou diminue ? Quels sont les indicateurs qui nous permettent d’entretenir et de gérer notre foi efficacement.
Khaythama ibn Abd-Rahaman a dit : « La foi se consolide, progresse et donne une bonne et abondante moisson dans une terre fertile, mais s’affaiblit et périt dans une terre aride. La fertilité et la progression sont favorisés par l’accomplissement de bonnes œuvres et la faiblesse de la foi est favorisé par les péchés ».
Notre foi peut être en effet testée, évaluée lorsqu’elle sera mise à l’épreuve, lorsqu’elle saura réagir dans les situations suivantes :
1er test de la foi : face aux choses douteuses :
Dans le hadith authentique : « Le licite est clair, l’illicite est clair et entre les deux il y a des choses qui peuvent prêter au doute. Celui ou celle qui se garde des choses douteuses saura préserver sa foi et son intégrité. En revanche, celui ou celle qui n’est pas vigilent, tombera incontestablement dans le haram … »[1]
Se garder des choses douteuses est un bon test pour notre foi, le fidèle qui saura résister et les repousser, sa foi se fortifie, se consolide et s’enracine davantage et celui qui les accepte sa foi s’affaiblit et finira par disparaître si aucun effort n’est fourni pour rectifier le tir.
2ème test pour la foi : face aux péchés :
L’individu qui sombre dans les péchés et ne fournit pas les efforts nécessaires pour se repentir, se corriger et changer de comportements, oublie Dieu, oublie Sa rencontre ultime et par conséquent sa foi diminue.
Le Prophète (PSDL) a dit : « Les séducteurs assaillent successivement les cœurs comme les fils du paillasson, les uns après les autres. Chaque cœur qui les absorbe, sera tâché de tâches noires et chaque cœur qui les rejette, sera tâché de tâches blanches jusqu’à ce que les cœurs deviennent de deux sortes : un cœur obscur qui ne connait aucun bien et ne rejette aucun mal car il ne réagit qu’à ses désirs, et un cœur blanc qu’aucune séduction n’atteindra préjudiciablement tant que les cieux et la terre persisteront ».[2]
3ème test pour la foi : face à l’épreuve :
Dieu dit : « Est-ce que les gens pensent qu’on affirmant : « Nous portons la foi ! » ils ne seront pas éprouvés ? » (S. 29 – V. 2).
Le Prophète (PSDL) a dit : « L’individu sera éprouvé selon l’intensité de sa foi. Si foi est forte, l’épreuve sera à la hauteur de sa foi »[3]. Dans un autre hadith : « La foi du fidèle ne cesse d’être façonnée par l’épreuve jusqu’à ce qu’il rencontre Dieu alors qu’il est absous de tout péché ».[4]
Dieu dit : « Dieu est le Protecteur de ceux qui ont la foi, Il les fait sortir des ténèbres, pour les guider vers la lumière »[5] c’est un grand privilège d’être destinataire de ce verset de sourate 2.
Demeure en permanence présent à Dieu, espère en Lui en tout ce que tu entreprends, arme-toi de patience devant l’épreuve et sollicite le soutien de Dieu pour tous les aléas de ta vie. Garde-toi des pièges de l’insouciance (al-ghafla), des douceurs séductrices et trompeuses de ta passion, des désirs fallacieux de ton égo : ton plus grand ennemi.
[1] Unanimement reconnu authentique rapporté selon An-No’mane ibn Bachîr (DAS).
[2] Hadith authentique rapporté par Moslim selon Houdayfa ibn al Yaman,
[3] Rapporté par Tirmidhi et Ibn Maja selon Mosâab ibn Sâad (DAS). Sahih Tirmidhi.
[4] Tirmidhi selon Abou Hourayra (DAS).
[5] Coran : S. 2, V. 257.
Aujourd’hui en France et en Europe, l’islamophobie s’amplifie de manière alarmante. Chaque jour, nous avons droit à des propos et des agressions islamophobes, nombre de politiciens assument une islamophobie décomplexée. L’islam et les musulmans de France constituent, désormais, une prétendue menace implicite à l’unité de la nation à tel point que des gamins de huit ans ont été convoqués au commissariat pour apologie du terrorisme. Et avant chaque élection, les musulmans se retrouvent au cœur des crispations et des débats passionnels.
A chaque acte terroriste, à chaque prise d’otage, les musulmans de France sont sommés de se justifier, ou encore de s’excuser face à des actes odieux. Le musulman est présenté comme étant l’éternel problème, l’éternel « inintégrable ». Le taux de francité dans ses veines ne donne pas entière satisfaction aux yeux des architectes du pouvoir. Il serait, donc « l’ennemi intérieur »[1] ; la cinquième colonne[2] ; le candidat idéal de la politique du bouc émissaire, celui qui est à l’origine de tous les maux, de toutes les carences, de tous les défauts de la société française. C’est une violence institutionnelle, une politique de l’humiliation qui exacerbe les identités et qui ne peut engendrer que la haine, la violence et l’extrémisme. Selon la formule de Tsvetan Todorov « La violence appelle la violence, l’humiliation appelle le fanatisme ».
L’islam, un réel problème
La théorie du « choc de civilisation » opposant « l’occident des lumières » face à « l’islam de tous les obscurantismes » continue encore de peser sur les débats et d’imprimer les mentalités. Ainsi l’islam est essentialisé, il serait donc par nature, violent, fanatique, générateur de terrorisme et par conséquent, incompatible avec les valeurs de la République.
Parallèlement, l’image de l’islam est ternie, c’est le moins que l’on puisse dire. Les attentas en Europe, la menace terroriste, Daesh et ses crimes contre l’humanité sont présentés comme intrinsèque à l’islam. Celui-ci serait un frein à l’émancipation des femmes musulmanes, au développement des pays musulmans. Une religion archaïque dont il faudrait se défaire pour sortir du sous-développement et rattraper le retard accumulé depuis des lustres.
Un islam officiel
La création, par les pouvoirs publics, du Conseil Français du Culte Musulman, durant le mois d’avril 2003, avait pour objectif de créer une sorte d’islam officiel et de réaliser un contrôle de la communauté aussi bien sur le plan spirituel que sur le plan matériel.
Aujourd’hui, le CFCM est à l’agonie et son bilan est plus que médiocre. L’élection de ses membres s’était déroulée dans l’indifférence générale des musulmans car les élus de l’Islam de France n’étaient, finalement, que les représentants du nombre de mètres carrés des mosquées. Un autre point lié au scrutin du CFCM, est la présence de listes entièrement inféodées aux pays d’origine tel le Maroc, l’Algérie et la Turquie. Autrement dit, l’Etat français sous-traite la gestion de l’islam de France aux pays d’origine.
Il faut refuser de toute son énergie, la mainmise, l’ingérence et la surveillance. L’islam est devenu un instrument, utilisé par les pouvoirs publics comme politique de diversion afin de rassembler autour de la peur et du tout sécuritaire. Une stratégie consciente ayant pour objectif de cacher les réels problèmes de notre société.
Dans ses relations avec l’islam, la France a toujours maintenue une gestion coloniale, en utilisant certaines organisations musulmanes, certains imams, comme courroie de transmission et comme moyen pour dompter les populations en révolte et lutter contre toute tentative d’émancipation. Lors de la révolte des banlieues en 2005. Une fatwa sur mesure a été concoctée pour appeler au calme. Une confessionnalisation des problèmes sociaux, qui renvoyait à l’idée que si la banlieue s’enflamme s’est parce qu’elle est un terreau de l’islamisme, et que les jeunes se révoltent avant tout à cause de leur islamité. Parallèlement, cela évite de désigner la politique sociale du gouvernement associée au racisme, aux discriminations au quotidien comme cause de révolte.
Edward W. Said relève avec finesse dans son célèbre livre L’orientalisme : « Quand il devint pour Bonaparte que sa force était insuffisante pour s’imposer d’elle-même aux Egyptiens, il essaya de faire interpréter le Coran en faveur de la Grande Armée par les imams, cadis, muftis et ulémas locaux. Dans ce but, les soixante ulémas qui enseignaient à l’Azhar furent inviter à son quartier général, tous les honneurs militaires leur furent rendus, (…) Cela réussit, et il semble que toute la population du Caire ne tarda pas à perdre sa méfiance à l’égard des occupants. »[3].
S’auto-définir pour mieux agir :
Désormais, les stéréotypes et les clichés négatifs ne disparaîtront pas de sitôt. Au lieu d’être dans la plainte ou d’adopter une attitude de victimisation, ou d’être sur la défensive, ou d’avoir toujours à se justifier, il faut avoir confiance en soi, en sa foi, en ses convictions. Ne plus se définir par autrui, mais s’auto-définir. Cesser « d’être des sujets parlés pour devenir des sujets parlants »[4].
Le musulman, l’oriental, comme l’affirme, si bien, Edward W. Said : « Si l’on reconnaît que l’orientaliste avance comme argument contre l’oriental une différence encore plus implicite et puissante : le premier écrit, tandis que le second est décrit. A ce dernier, on attribue un rôle passif ; au premier, le pouvoir d’observer, d’étudier, etc. »[5]
Jacques Berque, l’a souligné très justement : « L’islam pâtit dans l’opinion mondiale d’un discrédit qu’il ne partage ni avec le Japon, plus redouté que réprouvé, (…). Le musulman, lui demeure l’éternel Sarrazin rendu encore plus dangereux par une modernité à laquelle il n’accèderait que pour le pire »[6].
L’ignorance la plus dévastatrice est celle que l’on a de sa propre identité. Aujourd’hui, il est important de reprendre confiance en soi, en son histoire, en ses valeurs. En effet, connaître son histoire est primordial pour reconstruire son identité, pour façonner sa personnalité et pour préserver sa conscience éveillée. Mehdi ElMandjra souligne l’importance de se définir pour envisager l’avenir avec courage et détermination : « J’estime que le grand défi est de se définir soi-même, dans l’environnement où on évolue. Or l’identité n’a pas de valeur lorsqu’elle se trouve dans un espace où l’on manque de liberté et de pluralisme. (…) Si nous n’avons pas de passé, de référence, ni de vision d’avenir, ni encore de liberté, on ne peut prétendre avoir un futur viable »[7].
Les musulmans de France portent une lourde responsabilité, celle de promouvoir leur présence et de penser leur contribution spirituelle. Aujourd’hui, il faut être présent, être conscients des défis à relever, témoigner et rayonner de sa foi. S’affirmer et participer ce n’est pas la négation de soi mais agir en harmonie avec son identité. Il s’agit de sortir de cette description caricaturée, de se penser et de s’affirmer par ce que l’on est c’est à dire une partie prenante de cette société, des citoyens musulmans.
Le « vivre citoyen » plutôt que le « vivre ensemble » ou comment faire société ?
La citoyenneté des musulmans de France est systématiquement mise cause et leur adhésion aux valeurs de la République reste à prouver. Pour être reconnu comme citoyen à part entière, il faudrait ne rien exprimer de sa foi et devenir religieusement invisible, effacer tous signes particuliers, se dépouiller de toute spécificité.
On ne peut pas faire société si les vieux réflexes coloniaux persistent, si on considère les citoyens de confession musulmane comme des citoyens de seconde zone ou plus gravement comme des terroristes potentiels à l’avant garde d’une future invasion. Tout ce climat de suspicion favorisera un repli identitaire qui a défaut d’épanouir et de développer une authentique citoyenneté, mènera aux extrémismes et au communautarisme.
Faire société, c’est désormais redonner à chacun confiance en lui-même, avoir confiance en l’autre et avoir confiance dans un cadre collectif où nous pourrons construire ensemble, participer à l’évolution de notre société dont nous sommes membres à part entière, collaborer au nom des valeurs communes à une situation meilleure. Pour cela, il faut promouvoir le « vivre citoyen » et non seulement le « vivre ensemble », car ce dernier implique une simple tolérance et non le respect de l’autre et de son identité. Le « vivre citoyen » c’est vivre une citoyenneté égalitaire, plus épanouie fondée sur le respect mutuel, la justice sociale et la reconnaissance de l’égale dignité des personnes.
Les citoyens musulmans engagés ont pris conscience de l’ampleur des défis à relever, qui sont à la mesure de l’exigence de leur foi. Avoir un discours clair et audible, dénoncer les injustices, se démarquer de toutes les lectures qui légitiment la violence, refuser une société qui stigmatise, qui monte les citoyens les uns contre les autres. Et enfin, contribuer à l’essor de notre société en posant la question de la spiritualité, des valeurs et de la dignité humaine.
[1] Titre de l’ouvrage de Mathieu Rigouste : « l’ennemi intérieur : la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine », éd. La découverte.
[2] La «cinquième colonne», formule utilisée par Chrisian Estrosi député-maire UMP de Nice, est un mythe politique récurrent dans l’imaginaire complotiste. L’expression désigne un traître embusqué à l’intérieur d’un pays ou d’une armée, prêt à se réveiller pour prendre à revers lors d’une attaque extérieure. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/04/27/01016-20150427ARTFIG00143-d-o-vient-l-expression-cinquieme-colonne-employee-par-estrosi.php
[3] L’orientalisme, ed. du seuil, p. 101.
[4] Phrase prononcée par le sociologue Saïd Bouamama, lors d’un meeting du collectif « une école pour tous et toutes et contre les lois d’exclusion ».
[5] L’orientalisme, L’Orient créé par l’Occident, Edward W. Said, éd. Du Seuil, p. 339.
[6] Jacques Berque « Quel islam ? » , Le Temps stratégique, n° 64, juin 1995, p 8.
[7] Mehdi ElMandjra, Humiliation, à l’ère du méga-impérialisme, 3e ed. imprimerie Ennajah El Jadida, Casablanca, 2003, p. 77, 78.
Dans un monde qui va une vitesse grand V, un monde centré sur l’égo, le profit à outrance et la domination. Le mois du Ramadan nous invite à revenir à l’essentiel, à sortir de la consommation pulsionnelle, du gaspillage, de l’insouciance et à témoigner de notre présence à Dieu en observant le jeûne de ce mois béni.
Ce mois béni est une école pour discipliner son ego et maîtriser ses passions. Une école qui enseigne l’endurance, la persévérance, le don et la solidarité. C’est l’école de la réforme de son être. Le mois du Ramadan nous invite à se poser et à méditer notre cheminement dans un temps spirituel, loin de tout ce qui nous distrait et accapare notre intention, notre foi, notre âme.
Nous sommes, très souvent, absorbé par un quotidien qui nous fait oublier notre âme et nous impose un cadre de vie centré sur l’ego et le paraître, qui ne laisse plus aucune place à l’être. Le paraître et l’individualisme étouffe l’éclosion de notre être intérieur, elle ne laisse place qu’à l’ego agité et frustré.
Le mois du Ramadan est une invitation vers un voyage intérieur, pour aller à la rencontre de son cœur, afin de sortir de la forme et s’inscrire dans une démarche de réforme, le renouveau. L’élan spirituel initié par le jeûne du mois du Ramadan, puise sa source dans le cœur. La vie spirituelle réside dans cette intériorité préservée qu’est le cœur, sa conscience affective lui permet de rester sensible à l’appel du divin. Dieu dit : « Celui ou celle dont le cœur a été ouvert (sharaha) par Dieu à l’islam reçoit ainsi une lumière de Son Seigneur »[1].
Le Prophète (PSDL) a dit : « Lorsque la lumière de la foi embrasse dans le cœur, il s’épanouit et s’ouvre au monde » Les Compagnons demandèrent : « Comment reconnaître cet état afin d’y parvenir, ô Messager de Dieu ? » Il répondit : « Prendre conscience du caractère illusoire et éphémère de la vie, vivre pleinement cette vie non pas comme une finalité mais comme un cheminement vers la vie future et se préparer à sa rencontre avec Dieu »[2].
Quiconque désire cheminer vers le Clément, le Compatissant, doit purifier son cœur de toutes formes de haine, de jalousie, de rancœur et d’animosité. Un bon cœur ne peut être habité, à la fois, par l’amour de Dieu et de Son Messager (PSDL) et par les ressentiments qui nuisent à son épanouissement et à sa paix intérieure.
Le mois du Ramadan est à nos portes. Y avons-nous pensé ? En sommes-nous conscients ? Avons-nous évalué l’importance, la dimension spirituelle et sociale de ce mois sacré ? Comment devons-nous l’accueillir ? Comment se préparer moralement et spirituellement pour en tirer le maximum de profit ?
D’après Anas, que Dieu l’agrée : « Quand les compagnons du Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) apercevaient le croissant du mois de Chaâbane, ils se penchaient sur la lecture du Coran. Les musulmans versaient la Zakat (l’aumône légale) pour que les pauvres et les nécessiteux puissent jeûner le mois du Ramadan dans de bonnes conditions. Les commerçants se dépêchaient de finaliser leurs transactions. Les prisonniers de délits mineurs sont amnistiés. Quand ils voyaient le croissant du Ramadan, ils se purifiaient et redoublaient d’efforts en terme d’adoration, de bonté et générosité » Rapporté par Ibn Khoouzaïma.
C’est ainsi que les compagnons, que Dieu les agrée tous, se préparaient pour accueillir le mois du Ramadan. Ils s’y consacraient sincèrement, en déployant les efforts nécessaires et en s’appliquant assidûment.
En premier lieu, il convient de prendre conscience de la valeur de ce mois, de rentrer dans le calendrier et le temps sacrés de bien assimiler ses mérites.
Abou Mass’oud Al Ghifâri rapporte « J’ai entendu le messager de Dieu dire un jour, alors que le Ramadan était en cours : Si les gens savaient ce qu’est réellement Ramadan, ma communauté aurait souhaité que toute l’année soit Ramadan. » Rapporté par Ibn Khouzaïma.
Un jour, le Prophète posa trois fois cette question à ses compagnons : « qu’est-ce que vous accueillez et qui vous accueille ? ». Alors, Omar Ibn al-Khattab demanda : serait-ce une Révélation ? Il dit : Non ! Et Omar de reprendre : peut-être un ennemi qui survient ?
Il répondit : Non plus ! Omar demanda : « Alors quoi ? »
Le Prophète dit : à la première nuit du mois de Ramadan, Dieu pardonne à tous ceux qui se revendiquent de cette Qibla » et il indiqua la direction de la Qibla avec sa main. Rapporté par Ibn Khouzaïma selon Anas (DAS).
Le mois du Ramadan c’est le sacrifice des plaisirs et des passions par la discipline du jeûne, qui ne se limite pas à se priver de nourriture, mais exige de la douceur, de la bonté pour contrer la mauvaise humeur naturelle aux égos virulents et frustrés. Jeûner, pour le fidèle, c’est refuser les émotions et les excitations, maîtriser le ventre et les instincts qui en dépendent, gouverner la tête et les idées qui s’y développent. Le jeûne est l’épreuve de purification annuelle qui permet au musulman de retrouver l’équilibre du côté spirituel et de réaliser la victoire sur soi.
Le Prophète (que Dieu répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix) a dit : « A l’arrivée du mois de Ramadan, les portes du Paradis s’ouvrent, celles de l’enfer se ferment, les démons sont enchaînés et l’ange annonce : Ô celui qui aspire au bien, approche ! Ô celui qui aspire au mal, abstiens-toi. Et cela dure jusqu’à la fin du mois de Ramadan » Rapporté par Moslim selon Abou Hourayra.
Les portes du Paradis sont ouvertes et les portes de l’Enfer sont fermées : dans le sens où :
– les musulmans aspirent à être bon et à promouvoir de bien
– le bien se propage et se ressent donc le mal se réduit.
– la spiritualité monte en flèche durant cette période de jeûne ; c’est pourquoi les musulmans qui ont fait cette expérience attendent avec nostalgie le retour de ramadan.
Les diables sont enchaînés dans le sens où :
– la prière est belle
– la concentration, la présence à Dieu dans l’adoration est plus forte
– les disputes, les animosités sont réduites
– la fraternité est accentuée
Une fois les esprits imprégnés de la valeur sacrée de ce mois bénie, les cœurs se réveillent et se motivent pour le recevoir, préparer sa venue et déployer les efforts nécessaires afin de le passer de la meilleure manière qui soit.
Dans le hadith authentique rapporté par Al-Boukhari selon Omar, le Prophète (prière et salut de Dieu sur lui) : « Les actes ne valent que par l’intention ; à chacun selon sa visée … ». Le fidèle sincère et dévoué est celui qui magnifie l’intention, qui lui donne toute son importance, car elle est le secret, le fondement et la quintessence de tout acte d’adoration.
Le mois du Ramadan ne doit guère être la saison de la paresse et de l’oisiveté. Au contraire, c’est un mois où l’on cherche avec insistance la proximité de Dieu.
« Celui qui jeûne le mois de Ramadan avec foi en comptant sur la récompense divine, verra tous ses péchés absous » (Rapporté Al-Boukhâri et Moslim selon Abou Hourayra).
C’est au cours du mois du Ramadan que le Coran fut descendu : « Le mois de Ramadan est celui au cours duquel le Coran fut descendu » (s II v 185)….
La simple récitation du Coran et la simple discussion de son sens appellent sur nous un flot d’amour et de paix intérieure. « Chaque fois, dit le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui), qu’un groupe de fidèles se réunissent dans une mosquée pour réciter le Coran et discuter entre eux de sa signification, la miséricorde les recouvre, la paix du cœur descend sur eux et Dieu les mentionne à ceux qui se trouvent en Sa présence » Rapporté par Moslim selon Abou Hourayra.
La révélation faite au Prophète (paix et salut de Dieu sur lui), nous y participons chaque fois que nous lisons le Coran avec toutes nos facultés de présence. Dans un hadith authentique rapporté par Al-Hakem selon Abdallah Ibn Omar (DAS), le prophète (paix et salut de Dieu sur lui) a dit : « Qui récite le Coran embrasse la révélation dans son cœur ; seulement il ne la reçoit pas directement. Celui qui est lecteur assidu du Coran ne doit pas se laisser emporter par les émotions ni devenir violent »[1].
Le mois du Ramadan que nous accueillons ces jours est l’occasion d’un intense témoignage. Être, c’est avant tout cette présence à Dieu. Le fidèle animé par la foi voue son existence, son action à Dieu jusqu’à ce qu’il porte en lui toutes les vertus de la bonté, de l’humilité. C’est l’effort assidu vers la plus royale des victoires : la victoire sur soi. C’est tisser des liens intimes avec le Créateur pour mieux servir les créatures. C’est relever, à la lumière de la spiritualité, le défi de l’amour, amour de Dieu, amour des êtres.
C’est préparer la terre pour qu’elle reçoive la semence, préparer son cœur pour qu’il s’illumine à la rencontre du message afin de mieux porter la responsabilité du témoignage.
Témoigner c’être présent sur le terrain, s’exprimer, expliquer la spiritualité musulmane, sa vocation de paix et de justice. Il faut également avoir un discours clair et précis, oser dénoncer les injustices et se démarquer de toutes les lectures et de toutes les actions qui légitiment la violence.
Un cœur habité par l’amour de Dieu et du Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) n’en veut à personne sinon à son propre égo.
Supporter les coups durs, renouer les liens d’amour, de compassion avec ceux dont les relations ont été rompues et pardonner à ceux qui nous ont fait du tort parmi nos frères et sœurs. « Pardonne de la belle manière » (S. 15,V. 85)
Conclusion :
Durant le mois de Ramadan, chacun et chacune de nous doit être à la recherche de la proximité de Dieu, devra également faire tout son possible pour s’attirer la Miséricorde de Dieu, et ce, en répandant l’amour et le bien autour de nous et en multipliant les œuvres pieuses. Sans oublier bien entendu, d’être généreux et de partager avec ceux qui sont dans le besoin. Et accorder une attention particulière à préserver notre jeûne de tout ce qui pourrait le souiller et diminuer ainsi son mérite. Que nos bonnes actions ne soient rien d’autre que la conséquence immédiate de notre amour pour Dieu et pour le prophète (prière et salut de Dieu sur lui).
[1] La révolution à l’heure de l’islam, p. 184.
Aujourd’hui en France et en Europe, l’islamophobie s’amplifie de manière alarmante. Chaque jour, nous avons droit à des propos et des agressions islamophobes, nombre de politiciens assumant une islamophobie décomplexée. L’islam et les musulmans de France constituent, désormais, une prétendue menace implicite à l’unité de la nation à tel point que des gamins de huit ans ont été convoqués au commissariat pour apologie du terrorisme. Et avant chaque élection, les musulmans se retrouvent au cœur des crispations et des débats passionnels. A chaque acte terroriste, à chaque prise d’otage, les musulmans de France sont sommés de se justifier, ou encore de s’excuser face à des actes odieux. Le musulman est présenté comme étant l’éternel problème, l’éternel «inintégrable». Le taux de francité dans ses veines ne donne pas entière satisfaction aux yeux des architectes du pouvoir. Il serait, donc «l’ennemi intérieur»1 ; la cinquième colonne2 ; le candidat idéal de la politique du bouc émissaire, celui qui est à l’origine de tous les maux, de toutes les carences, de tous les défauts de la société française. C’est une violence institutionnelle, une politique de l’humiliation qui exacerbe les identités et qui ne peut engendrer que la haine, la violence et l’extrémisme. Selon la formule de Tsvetan Todorov « La violence appelle la violence, l’humiliation appelle le fanatisme ».
L’islam, un réel problème
La théorie du «choc de civilisation» opposant «l’occident des lumières» face à «l’islam de tous les obscurantismes» continue encore de peser sur les débats et d’imprimer les mentalités. Ainsi l’islam est essentialisé, il serait donc par nature violent, fanatique, générateur de terrorisme et par conséquent, incompatible avec les valeurs de la République. Parallèlement, l’image de l’islam est ternie, c’est le moins que l’on puisse dire. Les attentats en Europe, la menace terroriste, Daesh et ses crimes contre l’humanité sont présentés comme intrinsèque à l’islam. Celui-ci serait un frein à l’émancipation des femmes musulmanes, au développement des pays musulmans. Une religion archaïque dont il faudrait se défaire pour sortir du sous-développement et rattraper le retard accumulé depuis des lustres.
Un islam officiel
La création, par les pouvoirs publics, du Conseil Français du Culte Musulman, durant le mois d’avril 2003, avait pour objectif de créer une sorte d’islam officiel et de réaliser un contrôle de la communauté musulmane aussi bien sur le plan spirituel que sur le plan matériel. Aujourd’hui, le CFCM est à l’agonie et son bilan est plus que médiocre. L’élection de ses membres s’était déroulée dans l’indifférence générale des musulmans car les élus de l’islam de France n’étaient, finalement, que les représentants du nombre de mètres carrés des mosquées. Un autre point lié au scrutin du CFCM, est la présence de listes entièrement inféodées aux pays d’origine tel le Maroc, l’Algérie et la Turquie. Autrement dit, l’Etat français sous-traite la gestion de l’islam de France aux pays d’origine.
Il faut refuser de toute son énergie, la mainmise, l’ingérence et la surveillance. L’islam est devenu un instrument, utilisé par les pouvoirs publics comme politique de diversion afin de rassembler autour de la peur et du tout sécuritaire. Une stratégie consciente ayant pour objectif de cacher les réels problèmes de notre société. Dans ses relations avec l’islam, la France a toujours maintenu une gestion coloniale, en utilisant certaines organisations musulmanes, certains imams, comme courroies de transmission et comme moyen pour dompter les populations en révolte et lutter contre toute tentative d’émancipation. Lors de la révolte des banlieues en 2005, une fatwa sur mesure avait été concoctée pour appeler au calme. Une confessionnalisation des problèmes sociaux, qui renvoyait à l’idée que si la banlieue s’enflamme c’est parce qu’elle est un terreau de l’islamisme, et que les jeunes se révoltent avant tout à cause de leur islamité. Parallèlement, cela évite de désigner la politique sociale du gouvernement associée au racisme, aux discriminations au quotidien, comme cause de révolte.
Edward W. Said relève avec finesse dans son célèbre livre L’orientalisme : «Quand il devint pour Bonaparte que sa force était insuffisante pour s’imposer d’elle-même aux Egyptiens, il essaya de faire interpréter le Coran en faveur de la Grande Armée par les imams, cadis, muftis et ulémas locaux. Dans ce but, les soixante ulémas qui enseignaient à l’Azhar furent inviter à son quartier général, tous les honneurs militaires leur furent rendus, (…) Cela réussit, et il semble que toute la population du Caire ne tarda pas à perdre sa méfiance à l’égard des occupants.»3
S’auto-définir pour mieux agir
Désormais, les stéréotypes et les clichés négatifs ne disparaîtront pas de sitôt. Au lieu d’être dans la plainte ou d’adopter une attitude de victimisation, ou d’être sur la défensive, ou d’avoir toujours à se justifier, il faut avoir confiance en soi, en sa foi, en ses convictions. Ne plus se définir par autrui, mais d’auto-définir. Cesser « d’être des sujets parlés pour devenir des sujets parlants »4.
Le musulman, l’oriental, comme l’affirme si bien Edward W. Said : «Si l’on reconnaît que l’orientaliste avance comme argument contre l’oriental une différence encore plus implicite et puissante : le premier écrit, tandis que le second est décrit. A ce dernier, on attribue un rôle passif ; au premier, le pouvoir d’observer, d’étudier, etc.»5
Jacques Berque, l’a souligné très justement : «L’islam pâtit dans l’opinion mondiale d’un discrédit qu’il ne partage ni avec le Japon, plus redouté que réprouvé, (…). Le musulman, lui demeure l’éternel Sarrazin rendu encore plus dangereux par une modernité à laquelle il n’accéderait que pour le pire»6. L’ignorance la plus dévastatrice est celle que l’on a de sa propre identité. Aujourd’hui, il est important de reprendre confiance en soi, en son histoire, en ses valeurs. En effet, connaître son histoire est primordial pour reconstruire son identité, pour façonner sa personnalité et pour préserver sa conscience éveillée. Mehdi ElMandjra souligne l’importance de se définir pour envisager l’avenir avec courage et détermination : «J’estime que le grand défi est de se définir soi-même, dans l’environnement où on évolue. Or l’identité n’a pas de valeur lorsqu’elle se trouve dans un espace où l’on manque de liberté et de pluralisme. (…) Si nous n’avons pas de passé, de référence, ni de vision d’avenir, ni encore de liberté, on ne peut prétendre avoir un futur viable »7.
Les musulmans de France portent une lourde responsabilité, celle de promouvoir leur présence et de penser leur contribution spirituelle. Aujourd’hui, il faut être présent, être conscient des défis à relever, témoigner et rayonner de sa foi. S’affirmer et participer ce n’est pas la négation de soi mais agir en harmonie avec son identité. Il s’agit de sortir de cette description caricaturée, de se penser et de s’affirmer pour ce que l’on est, c’est à dire une partie prenante de cette société, des citoyens musulmans.
Le «vivre citoyen» plutôt que le « vivre ensemble » ou comment faire société ?
La citoyenneté des musulmans de France est systématiquement mise cause et leur adhésion aux valeurs de la République reste à prouver. Pour être reconnu comme citoyen à part entière, il faudrait ne rien exprimer de sa foi et devenir religieusement invisible, effacer tous signes particuliers, se dépouiller de toute spécificité.
On ne peut pas faire société si les vieux réflexes coloniaux persistent, si on considère les citoyens de confession musulmane comme des citoyens de seconde zone ou plus gravement comme des terroristes potentiels à l’avant garde d’une future invasion. Tout ce climat de suspicion favorisera un repli identitaire qui, à défaut d’épanouir et de développer une authentique citoyenneté, mènera aux extrémismes et au communautarisme.
Faire société, c’est désormais redonner à chacun confiance en lui-même, avoir confiance en l’autre et avoir confiance dans un cadre collectif où nous pourrons construire ensemble, participer à l’évolution de notre société dont nous sommes membres à part entière, collaborer au nom des valeurs communes à une situation meilleure. Pour cela, il faut promouvoir le «vivre citoyen» et non seulement le «vivre ensemble», car ce dernier implique une simple tolérance et non le respect de l’autre et de son identité. Le «vivre citoyen», c’est vivre une citoyenneté égalitaire, plus épanouie fondée sur le respect mutuel, la justice sociale et la reconnaissance de l’égale dignité des personnes.
Les citoyens musulmans engagés ont pris conscience de l’ampleur des défis à relever, qui sont à la mesure de l’exigence de leur foi. Avoir un discours clair et audible, dénoncer les injustices, se démarquer de toutes les lectures qui légitiment la violence, refuser une société qui stigmatise, qui monte les citoyens les uns contre les autres. Et enfin, contribuer à l’essor de notre société en posant la question de la spiritualité, des valeurs et de la dignité humaine.
Notes
1_ Titre de l’ouvrage de Mathieu Rigouste : « l’ennemi intérieur : la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine », éd. La découverte.
2_ La «cinquième colonne», formule utilisée par Chrisian Estrosi député-maire UMP de Nice, est un mythe politique récurrent dans l’imaginaire complotiste. L’expression désigne un traître embusqué à l’intérieur d’un pays ou d’une armée, prêt à se réveiller pour prendre à revers lors d’une attaque extérieure. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/04/27/01016-20150427ARTFIG0…
3_ L’orientalisme, ed. du seuil, p. 101.
4_ Phrase prononcée par le sociologue Saïd Bouamama, lors d’un meeting du collectif « une école pour tous et toutes et contre les lois d’exclusion ».
5_ L’orientalisme, L’Orient créé par l’Occident, Edward W. Said, éd. Du Seuil, p. 339.
6_ Jacques Berque « Quel islam ? » , Le Temps stratégique, n° 64, juin 1995, p 8.
7_ Mehdi ElMandjra, Humiliation, à l’ère du méga-impérialisme, 3e ed. imprimerie Ennajah El Jadida, Casablanca, 2003, p. 77, 78.
Source : zamanfrance.fr/…/musulmans-france-entre-surveillance-diabolisation-15680
Seigneur, combien est grande Ta Bienveillance envers moi, malgré mon ignorance. Combien est immense Ta Miséricorde envers moi, malgré la vilenie de mes actes.
Seigneur, Tu es très proche de moi et je suis si loin de Toi.
Seigneur, combien est grande Ta Compassion pour moi, mais quel est donc ce voile qui me sépare de Toi ?
Seigneur, au gré de la diversité des incidences et des aléas de l’existence, j’ai compris que Ton but était de Te faire connaître à moi en toute chose, afin que je ne T’ignore en aucune chose.
Seigneur, chaque fois que ma vilenie m’a fait taire, Ta Générosité m’a rendu la parole. Chaque fois que ma condition m’a désespéré, Ta bonté m’a rendu k’espérance.
Seigneur, Ton décret exécutoire et Ta volonté inexorable n’épargnent ni le verbe de l’éloquent ni la verve de l’inspiré.
Seigneur, combien de dévotions j’ai édifiées, combien de stations j’ai établies, puis Ta justice a anéanti ma confiance en elles ; bien plus encore, ta bonté m’en a sauvé.
Seigneur, Tu sais que même si mon adoration n’a pas été accomplie comme il se doit et de manière constante. Elle l’était avec amour et détermination.
Seigneur, les yeux qui ne voient pas que Tu les observes sont aveugles. La transaction de celui que Tu n’a pas comblé de Ton amour est en faillite.
Seigneur, mon humilité est telle qu’elle apparaît devant Toi, et ma situation ne T’en échappe pas. De Ta part, j’implore Ta proximité, et par Ta Miséricorde, je Te demande de me montrer le chemin menant à Toi. Guide-moi, par Ta lumière et permets-moi de T’adorer sincèrement.
Seigneur, apprends-moi de Ton savoir caché et protège-moi par Ton Nom secret.
Seigneur, permet-moi de d’atteindre le degré de spiritualité des rapprochés et conduis-moi dans le chemin de Tes bien-aimés.
Seigneur, dispense-moi par Ton discernement, d’avoir à élaborer des plans, et par Tes choix, d’avoir à choisir. Permets-moi d’avoir toujours à Te solliciter et Te supplier.
Seigneur, affranchis-moi de la vilenie de mon âme, purifie-moi de ma suspicion et de mon impureté, avant que ma mort ne survienne. J’implore Ton secours; secours-moi. Je m’abandonne à Ta volonté; ne me livre pas à moi-même. Je t’invoque; exauce mes vœux. J’espère en Ta Bonté, ne m’en prive pas. J’aspire à Ta proximité, ne m’en éloigne pas. Je frappe à Ta porte, ne me repousse pas.
Seigneur, appelle-moi par Ta Miséricorde, afin que chemine vers Toi. Et attire-moi par Ton amour afin que je me rapproche de Toi.