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[Mosquée] quelles solutions de substitution pour les musulmans carriérois ?

Tribune publiée par un média local, MédiaSeine.

La salle de prière du foyer ADEF, première salle de prière dans le département des Yvelines, va disparaître en janvier 2011. Aucune solution de substitution n’est proposée. les fidèles seront-ils contraint d’accomplir leurs prières sur les trottoirs de la ville de Carrières sous Poissy ?

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Carrières-sous-Poissy : l’avenir de la mosquée gravement remis en cause

Vous trouverez ci-dessous la lettre que nous avons envoyée aux autorités afin de les interpeller sur la situation de la salle de prière. En effet, à la suite de la réhabilitation du foyer commencée il y a quelques mois, l’avenir de la salle de prière est gravement remis en cause.

Communauté Musulmane de Carrières sous Poissy

À l’attention de :

Madame Anne BOQUET, Préfète des Yvelines ;

Monsieur Yannick IMBERT, Sous-préfet des Yvelines ;

Monsieur Eddie AÏT, Maire de Carrières sous Poissy ;

Monsieur le Directeur d’ADEF hébergement.

Madame, Messieurs,

Nous nous adressons à vous par la présente afin de vous interpeller concernant l’avenir incertain de la salle de prière du foyer ADEF à Carrières sous Poissy. Ce lieu de mémoire est un vestige du patrimoine ouvrier de la ville. Son maintien sur la ville est primordial au vue de son caractère historique et social.

Les résidents du foyer ADEF à Carrières sous Poissy sont dans leur immense majorité des travailleurs originaires du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne très précarisés ; ils vivent dans ce foyer seul, sans leurs familles restées au pays. Leur organisation en mode de vie solidaire leur permet de se serrer les coudes, d’aider leurs familles dans les pays d’origine et d’y financer des projets de développement.  Ils sont ainsi des acteurs de développement, des citoyens à part entière de notre ville et par conséquent doivent être respectés et traités comme tels.

Le foyer ADEF est un lieu d’hébergement provisoire qui existe depuis un demi siècle, avec un confort minimum, sans intimité ni droit à la vie privée, pour un maximum de travailleurs. Aujourd’hui, ils sont toujours là et connaissent une situation très difficile : mauvaise gestion et délabrement pour certains, entretien quasi inexistant et hausse incessante des loyers pour d’autres.

Les travaux de reconstruction du foyer ADEF ont commencé, et peu d’information circule au sujet de la salle de prière, hormis une déclaration, en date de décembre 2006, dans le blog suivant : http://www.eddieait.org/article-4934490.html, où l’on apprend que : « Pour rappel, il existe à Carrières trois lieux de culte musulman, une salle au centre commercial Saint Louis, une salle au Foyer ADEF et le pavillon sur la RD 190 pour la population originaire de Turquie. Aucun de ces trois lieux ne répond aujourd’hui aux normes de sécurité et surtout à la pratique décente et digne des fidèles musulmans. D’autre part, deux des trois salles (Centre commercial et ADEF) sont amenées à disparaître dans le cadre de la restructuration du quartier Saint Louis et du Foyer ADEF. Quant au pavillon sur la RD 190, il se trouve sur le tracé de la futur A 104 ».

Par ces propos, devons-nous comprendre que la salle de prière du foyer ADEF est vouée à une destruction totale suite à la réhabilitation actuellement en cours ? Est-ce que les 500 fidèles se réunissant régulièrement pour la prière du vendredi se verront contraint de prier sur les trottoirs de la ville ?

Madame, Messieurs, la salle de prière du foyer ADEF n’est pas seulement une salle de prière. Elle est avant tout un lieu de vie. Les travailleurs migrants résidents au foyer ADEF sont des personnes vivant une situation sociale et sanitaire dramatique. La salle de prière leur apporte un réel soutien afin d’atténuer le sentiment d’être isolés socialement et culturellement.

· Quels sont vos engagements pour le maintien de la salle de prière du foyer ADEF ?

· Quelle solution de substitution sérieuse, immédiate et durable proposez-vous si la salle de prière actuelle venait à disparaître ?

Dans l’attente d’une suite favorable, veuillez croire, Madame, Messieurs, en notre parfaite considération.