Éduquer son cœur pour goûter la douceur de la foi

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Le prophète (PSDL) dit dans le hadith authentique : « Il est dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rend tout le corps sain, mais s’il est corrompu, tout le corps devient corrompu. Il s’agit du cœur »[1].

En tant que musulmans, aspirant à un meilleur être moral et spirituel ; nous avons besoin aujourd’hui d’éduquer nos cœurs, de vivre une spiritualité active et de purifier nos intentions afin de goûter la douceur de la foi. Nous avons besoin de retrouver la paix du cœur afin d’avoir un éclairage sur nous-mêmes et sur le monde.

Le cœur, pour le fidèle soucieux de sa complétude morale et de son accomplissement spirituel, est l’élément central de son cheminement. Il faut préparer la terre pour qu’elle reçoive la semence, réhabiliter son cœur  pour qu’il s’illumine à la rencontre du message afin de mieux porter la responsabilité du témoignage.

Éduquer son cœur et l’apaiser, réformer sa conduite et réaliser sa mutation éthique tel est le sens d’une spiritualité rayonnante. La foi exige du fidèle de purifier son intention, d’examiner sa sincérité et de déployer inlassablement les efforts  afin de mieux être, mieux agir et mieux servir.  Dieu est pur et n’accepte que ce qui est pur.

Parmi les sagesses d’Ibn ‘Atâ-Allah al-Iskandarî : « Comment un cœur pourrait-il s’illuminer, alors que son miroir est imprégné par les formes illusoires de ce monde ?  Ou comment pourrait-il entreprendre  son voyage vers Dieu, s’il est dominé par ses désirs et ses pulsions ? Ou comment désirerait-il ardemment dans la présence à Dieu s’être purifié de la souillure de son insouciance ? ».

 

[1]  Rapporté par Boukhari et Moslim selon No’mâne Ibn Bachir (DAS).

« Prosterne-toi et rapproche-toi »

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La prière est le pivot central de la foi. Elle est le lien intime entre ton cœur et Celui qui t’a fait être. Le fidèle s’extirpe à l’emprise des préoccupations quotidiennes pour se mettre devant Dieu, aller à Sa rencontre et chercher Sa proximité. Le corps aussi bien que le cœur doivent participer, associés, à l’attitude globale de présence et d’humilité devant Dieu.

La prière est l’ascension de ton âme vers le Clément, le Compatissant. Entrer en prière c’est communiquer directement, et sans intermédiaire, avec L’Être suprême. C’est initier un dialogue serein entre ton cœur et Dieu, Lui exposer tes demandes et tes aspirations, Lui confier tes déchirements et tes négligences. Voici les termes de ce dialogue tels que le Prophète (PSDL) les rapporte dans un hadith qodsi : Dieu dit : « Je partage la prière avec mon adorateur » ; quand il dit : « Gloire à Dieu, Maître des mondes ! », je réponds : « Mon adorateur Me glorifie ! », quand il dit : « Le Clément, Le Compatissant ! » Je dis : « Mon adorateur Me fait louange ! », quand il dit : « Roi du jour du jugement ! », je dis : « Mon adorateur M’exalte ! » ; quand il dit : « C’est Toi que nous adorons, c’est de Toi que nous attendons assistance ! », je dis : « C’est le lien entre Moi et Mon adorateur ! », quand il dit : « Guide-nous dans le droit chemin, le chemin qu’ont suivi ceux que Tu as comblé de Tes bienfaits, qui ne sont ni l’objet de Ton courroux ni des égarés ! », je dis : « Cette faveur sera accordée à Mon adorateur, son vœu sera exaucé ! ».[1]

 Ne relâche pas la persévérance dans la prière. C’est la voie pour accéder à l’amour Dieu. Le Prophète (PSDL) dit en attribuant ces paroles à Dieu : « (…) Mon adorateur, s’il persévère dans les actes surérogatoires, finira par mériter Mon amour. Quand Je l’aurai aimé, Je deviendrai son ouïe avec laquelle il entend, sa puissance de vision avec laquelle il perçoit le monde, sa main avec laquelle il agit et son pied avec lequel il marche. S’il M’invoque J’exaucerai son vœu, s’il se réfugie en Moi Je serai Son protecteur »[2].

Renouvelle ton intention et concentre-toi devant Sa Majesté. Prosterne-toi avec humilité et modestie devant Sa Grandeur. La prosternation face contre terre permet l’élévation de ton âme et l’éveil de ta conscience. Et c’est à ce moment là, que tu es le plus proche de Dieu, le Prophète (PSDL) disait : « Le moment ou l’adorateur le plus proche de Dieu  est celui ou il est en prosternation, multipliez donc les invocations »[3].

La prière, accomplie comme il se doit avec présence de cœur et d’esprit, donne la force qui permet à chacun de surmonter les difficultés et d’assumer ses responsabilités. Mais, La présence à Dieu dans la prière nous manque énormément. L’insouciance a su dominer nos cœurs et l’oubli nous aliéner. Que Dieu remplisse nos cœurs de Son amour, de Sa lumière et de Sa Miséricorde afin que nous puissions témoigner de notre foi et rayonner de ses valeurs de bonté, de générosité et de justice.

[1]  Hadith rapporté par Moslim, Ahmed, Tirmidi, Abou Daoud, An Nassaî et ibn Maja selon Abou Hourayra (t).

[2]  Rapporté par Al-Boukhari selon Abou Hourayra (t).

[3]  Rapporté par Moslim, Ahmed et An-Nassaî selon Abou Hourayra (t).

Du temps pour méditer et se souvenir de Dieu

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Notre monde actuel est violent et en souffrance. Un monde marqué par les injustices,  les conflits et les rapports de domination.  Un monde porté par  le matérialisme illusoire qui ne produit ni épanouissement ni libération mais uniquement des dépendances et des frustrations. Un monde où il est de plus en plus difficile d’être, de se poser un moment, d’être à l’écoute de ses besoins, d’avoir un temps de recueillement, de méditer le sens et d’ajuster ses pensées.

Dans le Coran, Dieu nous invite à observer attentivement la création, à méditer sur les manifestations de la Majesté et de la Splendeur divines exprimées dans l’univers et à en tirer des enseignements : « En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a des signes pour les doués d’intelligence, qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, mentionnent Dieu et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : Notre Seigneur ! Tu n’as pas crée cela en vain. Gloire à Toi ! Préserve-nous du châtiment du Feu »[1].

Le Prophète (PSDL), notre modèle par excellence, méditait sur le Coran et la création. Selon  Aîcha (DAS) : « Le Prophète (PSDL) m’a demandé  une nuit : “ Ô Aîcha ! Cette nuit, je veux me consacrer à l’adoration de Mon Seigneur ” Je lui ai répondu : “ Par Dieu ! J’aime ta proximité et j’aime aussi ce qui te fait plaisir ”. Elle dit : Il se leva, se purifia puis il se mit à prier ; il ne cessa de pleurer jusqu’à ce qu’il mouilla son giron, puis il pleura jusqu’à ce qu’il mouilla le sol. Puis Bilal (DAS) vint l’appeler pour la prière, lorsqu’il le vit pleurer, il dit : “ Ô Messager de Dieu !  Pourquoi pleures-tu alors que Dieu a pardonné tes péchés passés et futurs ”. “ Pourquoi pas ! répondit le prophète (PSDL), ne serai-je pas un adorateur reconnaissant ? Il m’a été révélé cette nuit, des versets du Coran, malheur à celui (ou celle) qui les lis et qui ne les médite pas ” : (En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a des signes pour les doués d’intelligence ….) »[2].

La médiation est un excellent moyen pour se rapprocher de Dieu, pour l’aimer et reconnaître Sa Souveraineté. Elle est, également, un moyen pour être en paix, pour détendre le corps et évacuer le stress et l’anxiété. Conjuguée avec du dhikr (souvenir de Dieu), la méditation permet au fidèle de retrouver l’équilibre du côté spirituel et de s’épanouir moralement et spirituellement.

Prendre le temps pour méditer et se souvenir de Dieu, c’est donner du sens à son cheminement, de la substance à sa foi, de la cohérence à son engagement et de l’exigence vis-à-vis de son action.

Se souvenir de Dieu et répéter inlassablement Son nom mène à la présence de Dieu. Dans le hadith qodsi : « Je fais de Mon adorateur ce qu’il attend que Je fasse de lui (il faut avoir bonne opinion de Dieu, avoir foi en Sa bonté). Je suis présent en son cœur chaque fois qu’il se souvient de Moi en répétant Mon nom. S’il se souvient de Moi à part soi, Je Me souviens de lui à part Moi-même. S’il se souvient de Moi en assemblée, Je mentionne son nom dans une assemblée meilleure. S’il s’approche de Moi d’un empan, Je M’approche de lui d’une brassée. S’il s’approche de Moi d’une brassée, Je M’approche de lui de toute l’envergure des deux bras tendus. S’il vient à Moi en marchant, Je vais à lui en toute hâte »[3].

C’est un grand privilège de se savoir viser par ce hadith, c’est un grand privilège d’être destinataire de ce message d’amour et de proximité de la part de Notre Seigneur. Gloire et louange infinie à Dieu, éternellement Bienveillant et Généreux, qui montre le chemin pour Le connaître et l’aimer en nous dotant de la faculté de méditer et d’être présent à Lui.

[1] Coran : S. 3, V. 190 – 191.

[2]  Hadith authentique rapporté par Ibn Hibbane selon Aîcha (t) et authentifié par Al-Albani.

[3] Rapporté par Boukhari et Moslim selon Abou Hourayra (t).

 

Aimer et se sentir aimer

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Notre monde actuel traverse une crise sans précédent. Les injustices s’accentuent, les inégalités se creusent davantage, les guerres ne font qu’amplifier les exclusions et  les déchirements. Une crise qui interpelle la conscience humaine à assumer ses responsabilités, à y faire face, humblement mais résolument, à agir et ne plus subir.

Face à ce monde violent, nous avons besoin de vivre l’amour, de donner pour recevoir. Aimer et se sentir aimer est une grâce de Dieu. L’amour véritable est un des moyens les plus efficaces pour assainir ce climat délétère de haine, de violence et de rancune qui règne dans notre monde. L’amour véridique est capable de surmonter les obstacles et surpasser les situations critiques.  Nous avons besoin de proclamer notre amour sincère, pur et désintéressé à nos parents, à nos épouses, à nos époux, à nos enfants, à nos proches et à tous frères et sœurs en humanité.

Je ne parle pas d’amour volatile et artificiel, basé sur les intérêts qui ne dure pas le temps d’une étincelle mais il s’agit d’amour sincère animé par une foi, par une éthique. S’aimer en Dieu et aimer uniquement pour l’amour de Dieu.

Pourquoi s’aimer en Dieu ? Quelles sont les raisons et les motivations qui nous incitent à nous aimer en Dieu ? Certes, la foi implique de s’aimer les uns les autres en Dieu et pour Dieu ; le Prophète (PSDL) a dit : « Trois sentiments font goûter à celui qui les éprouve la douceur de la foi : aimer Dieu et Son Messager plus que toute autre chose, aimer son frère (sa sœur) uniquement pour l’amour de Dieu et détester revenir à l’infidélité à Dieu comme l’on déteste se voir jeté au feu »[1].

Aimer en Dieu sans compter, sans rien attendre en retour, ni récompense, ni gratitude c’est se rapprocher de Lui et goûter à Son amour et à Sa présence. Le Prophète (PSDL) dit en attribuant ces paroles à Dieu : « Mon amour est réservé à ceux qui s’aiment en Moi, à ceux qui se conseillent en Moi, à ceux qui se rendent visite en Moi, à ceux qui se font des dons pour Moi. Ceux qui s’aiment en Moi occuperont (dans la vie dernière) des chaires en lumière, ils seront enviés, tant est élevé leur position, par les Prophètes et les Justes »[2].

S’aimer en Dieu n’est pas une simple prétention, ni une vaine formule de principe. S’aimer en Dieu c’est visiter son prochain, le soutenir dans l’épreuve, lui porter assistance, apaiser son coeur par un sourire. L’amour en Dieu se traduit aussi par le don  d’argent et de temps comme gage de véracité. Les simples actes de solidarité quotidiens ne demandent pas un grand effort, ni immense investissement, mais ils revêtent auprès de Dieu une importance considérable.

Aimer en Dieu en écoutant l’autre et lui ouvrir son cœur. Tendre la main au désespéré et le rassurer, compatir avec le malade, soutenir l’opprimé face à l’injustice, essuyer les larmes de l’incompris, apporter la joie au cœur triste et pardonner à celui qui s’est montré injuste à notre égard ; en toute humilité. Alors seulement,  nous avancerons en vertus et nous gagnerons en amour, douceur, spiritualité et surtout en humanité. Le Prophète (PSDL) nous enseigne comment faire « assaut d’amour » : « De deux personnes qui s’aiment en Dieu, la plus aimée de Dieu est celle qui aime le plus l’autre »[3].

Il faut, également, prendre le temps de discuter d’amour avec nos enfants et leurs montrer qu’on les aime, le sujet de l’amour n’est pas tabou. Il faut leurs apprendre le véritable amour, notamment, l’amour de soi et l’estime de soi. S’aimer soi même, c’est s’accepter tel qu’on est, c’est prendre soin de soi, c’est être en paix avec soi, c’est se respecter et ne se comporter n’importe comment ni faire faire n’importe quoi, c’est prendre conscience de ses responsabilités et ne pas se dévaloriser.

En ce qui concerne l’amour conjugal, le Prophète (PSDL) vouait à son épouse ‘Aîcha (DAS) un amour infini et ne manquait aucune occasion pour le proclamer et le lui prouver. ‘Amr Ibn Al-Âç (DAS), un des célèbres compagnons du Prophète (PSDL), lui demanda un jour :

  • «  Ô Messager de Dieu ! Quel est la personne que tu aimes le plus ?»
  • Le Prophète (PSDL) a répondu : « ‘Aîcha».
  • « Non, mais parmi les hommes ?» redemanda le compagnon.
  • «  Son père !» a répondu le Prophète (PSDL).[4]

‘Aîcha (DAS) aimait entendre le Prophète (PSDL) lui manifester son amour. Elle l’interrogeait parfois : « Comment est ton amour pour moi ? ». « Fort et solide comme l’anneau d’une corde » répondait le Prophète (PSDL). Puis de temps en temps, elle lui disait : « Comment est l’anneau ? », il lui répondait : « toujours inchangé ! »[5].  

 

 

[1] Rapporté par Boukhari et Moslim.

[2] Rapporté par Ad-Daraqotni, Abou Naîm dans al Hilya et Abou Tammam dans Al Fawa’îd.

[3] Rapporté par Ibn Hibbâne et Al-Hakem selon Anas (DAS).

[4] Hadith unanimement reconnu authentique rapporté selon Anas (DAS).

[5] Rapporté par l’imam Ahmed, Tabarani et Al-Hakem selon ‘Oubada Ibn As-Samet (DAS).

 

Savoir s’entourer pour réussir son épanouissement spirituel

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Nous vivons une époque où il est de plus en plus difficile d’être et de témoigner. La foi du fidèle est mise à rudes épreuves. Il faut un effort sans relâche et une détermination sans faille pour sauvegarder une fidélité, en toute circonstance, à son référentiel spirituel.

Pour s’épanouir dans sa foi, la fortifier et la consolider il faut être bien entouré.  Savoir s’entourer de bonnes personnes, de compétences, tant en compétence morale qu’en compétence technique, est primordial pour avancer, grandir moralement et spirituellement et atteindre son plein potentiel. Le Prophète (PSDL) a dit : « Chacun a la même intensité de foi que son ami le plus intime. Choisissez donc vos amis avec soin »[1].

Dans un autre hadith, le Messager de Dieu (PSDL)  dit encore : « Je compare le bon et le mauvais Compagnon au colporteur de musc et au forgeron. Le premier, si vous le fréquentez, finira par vous donner ou vous vendre une partie de sa marchandise, et de toute façon vous sentirez le parfum. A fréquenter le second, vous ne manquerez pas soit de voir vos vêtements brûler, soit de sentir auprès de lui les mauvaises odeurs »[2].

La prière, la lecture du Coran, les assises de la foi et du savoir comme les autres activités de présence à Dieu, sont plus efficientes si elles s’accomplissent en groupe. La dynamique de groupe a une vertu particulière sur l’individu et son comportement. Ibn ‘Ata Allah Al-Iskandari dit dans ses paroles de sagesse : « Ne prends pas comme compagnon celui dont l’état spirituel ne te conduit pas à l’élévation, et dont la parole ne t’oriente pas vers Dieu. ».

Cette sagesse nous donne des critères précis pour être bien entouré : la meilleure des compagnies est celle qui est proche de Dieu avec son cœur et proche des hommes avec sa douceur et son humilité, représente pour nous un modèle à suivre. Sa parole nous rappelle inlassablement Dieu.

Anas ibn Malek rapporte que Abdallah Ibn Rawaha, disait chaque fois qu’il rencontrait un autre compagnon : « Vient que nous pratiquions l’iman (la foi) un moment ! ». Un jour, il fit cette invitation à un homme qui se fâcha et vint trouver le Prophète (PSDL) :    « Ô Messager de Dieu, lui dit-il, ne vois-tu pas cet Ibn Rawaha qui nous invite à des assises de la foi d’un moment ? ». Le Prophète (PSDL) a répondu : « Que Dieu garde Ibn Rawaha ! Il aime les assises où les anges font compétition pour y assister. »[3].

Fréquenter les personnes pieuses et engagées, cultiver de bonnes relations avec les meilleurs moralement et spirituellement,  afin d’être constamment tiré vers le haut, réformer son cœur par le biais des assises de Dhikr et aspirer à être meilleur; meilleur  devant Dieu, humble devant les êtres humains.

‘Abd Al-Qâder Al-Jîlânî a dit : « Fréquente assidûment les séances des savants et rend souvent visite aux hommes pieux, peut être ton cœur sera-t-il vivifié ? »[4].

Goethe disait : « La bonne compagnie instruit par sa conversation et forme par son silence. »[5].

 

[1] Rapporté par Tirmidhi et Abu Dawud selon Abous Hourayra (DAS).

[2] Rapporté par Boukhari et Muslim selon Abu Mûssa Al Ash’âri (DAS).

[3] Rapporté par l’imam Ahmed selon Anas.

[4] Extrait du Livre «  Al-Fat’h ar-rabbânî wa al-fayd ar-rahmânî « , de ‘Abd Al-Qâder Al-Jîlânî.

[5] Citation de Goethe ; Maximes et réflexions (1749-1832).

De quoi le djihad est-il le nom ?

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Article publié initialement le 10/02/2015 dans le Plus du nouvel Obs :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1319056-le-djihad-une-guerre-sainte-non-ce-mot-renvoie-surtout-a-la-notion-d-effort-sur-soi.html

Depuis le 11 septembre 2001, l’amalgame entre islam et terrorisme est systématique. L’islam est ainsi considéré comme une religion viscéralement violente et guerrière.

Déconstruire les préjugés 

Un ensemble de mots avec le suffixe « isme » qualifie l’islam aujourd’hui. Terrorisme, fondamentalisme, obscurantisme, radicalisme, djihadisme… Une guerre des mots est utilisée à l’égard de la religion musulmane afin de façonner l’inconscient des masses et d’assigner l’islam au registre des pathologies.

Ce texte se propose d’engager une réflexion sur le vrai sens du mot djihad en islam. D’autant plus, que le discours djihadiste prolifère aujourd’hui de manière inquiétante et que terrorisme et islamophobie font bon ménage dans notre contexte.

Un certain nombre de clichés négatifs et de fausses évidences existent à l’endroit de l’islam et des musulmans. Ces préjugés résultent d’une méconnaissance de la religion musulmane, de sa pensée et sa vocation de paix et de tolérance. Cependant, pour déconstruire ces préjugés et éviter de tomber dans une vision essentialiste, il est nécessaire de définir les concepts d’islam, d’une part, et de djihad, d’autre part, et le replacer dans un contexte à la fois historique et politique.

 

Que veut dire le mot djihad aujourd’hui ?

Le djihadisme est-il une forme islamique du terrorisme ? Le djihadisme  est-il l’avatar de l’islam ? La violence est-elle intrinsèque à l’islam ? L’islam est-il un élément perturbateur pour la paix dans le monde ? Autant de questions qui exigent des réponses claires et audibles.

Comme le souligne Mohammed Arkoun[1], en français, on a l’habitude de traduire le mot islam par soumission. Or, étymologiquement, islam, en langue arabe, signifie  » livrer quelque chose à quelqu’un « . Il s’agit donc, de  » livrer sa personne dans sa totalité à Dieu, confier toute sa personne à Dieu « . Ainsi la religion musulmane implique le don de soi, plutôt que la soumission.

 

Nulle contrainte en religion

Le mot islam a également pour racine étymologique « salam » qui signifie paix. La paix est central, dans le Coran : « Ô vous qui croyez, entrez tous et toutes en paix »[2]. Être en paix et promouvoir la paix relèvent de l’ordre du sacré.

Parallèlement, un des quatre-vingt-dix-neuf noms glorieux de Dieu est  » Paix  » et, cinq fois par jour, le musulman invoque Dieu par cet attribut dans sa prière. L’état de paix résulte d’un lien intime entre l’homme et Dieu et d’une forte spiritualité.

L’islam étant défini, étudions maintenant son lien avec la violence, en particulier la notion de djihad.

Le mot djihad est souvent traduit par  » Guerre Sainte  » ou  » Holly War  » ; or   » la guerre sainte  » traduit, à son tour, en langue arabe, veut dire  » Al Harb al-Mouqaddassa « . Cette terminologie n’existe nulle part, ni dans les textes fondateurs de l’islam, ni dans la littérature musulmane.

Il y a une vision erronée qui considère le djihad en islam à travers le prisme historique des croisades médiévales. L’idée d’une guerre sainte engageant les musulmans, au nom de leur foi, dans une guerre de conquête afin de contraindre les gens à se convertir n’existe pas en islam. Le Coran interdit la contrainte en matière religieuse : « Nulle contrainte en religion »[3] .

La foi musulmane, aussi ardente et sincère qu’elle puisse être, ne saurait rayonner et se propager par la force, car cela contredirait l’essence même du message.

 

Le djihad : faire effort sur soi

Le djihad vient du mot  » ja-ha-da « , qui signifie faire effort et, en aucun cas, faire violence. Cet effort consiste, en effet, à réaliser une victoire sur soi, qui est la plus royale des victoires. Un effort contre sa propre violence et ses attitudes colériques. Ce djihad, appelé couramment « djihad an-nafs  » :  » l’effort sur soi « , est au centre de la spiritualité musulmane. C’est grâce à cette persévérance que l’homme maîtrise sa violence, domine sa colère et s’élève moralement et spirituellement.

Certes, le djihad peut prendre la forme d’un effort armé : Al Qitâl. Mais cet effort a toujours été codifié par des règles strictes.

Le combat armé n’est autorisé qu’en cas d’autoprotection ou légitime défense. Ainsi, les musulmans, pendant 13 années à la Mecque, ont utilisé la non-violence comme moyen de résistance malgré les persécutions, l’isolement et l’embargo social et économique.

Puis, à leur arrivée à Médine, ils ont eu la permission de Dieu de se défendre : « Toute autorisation de se défendre est donnée aux victimes d’une agression, qui ont été injustement opprimées, et Dieu a tout pouvoir pour les secourir. Tel est le cas de ceux qui ont été injustement chassés de leurs foyers uniquement pour avoir dit : Notre Seigneur est Dieu ! »[4].

À partir de ce verset coranique, la guerre a certes été autorisée, mais dans trois conditions :

  1. En cas de légitime défense, si tous les moyens pacifiques n’ont pas réussi à stopper l’agression
  2. En cas de persécution, de spoliation des propriétés
  3. Pour libérer des peuples du joug de la dictature.

 

Pas une goutte de sang

Omar Ibn Al-Khattab (DAS), deuxième calife après le Prophète Mohamed (PSDL) a libéré Jérusalem de l’occupation byzantine sans qu’aucune goutte de sang ne soit versée.

Salah Stétié explique dans son livre  » Culture et Violence en Méditerranée «  : « L’islam ne s’est vraiment imposé – une première fois par l’entrée du calife Omar dans la Ville sainte (Jérusalem) en 636, une seconde fois par la reconquête de la ville sur les croisés par Saladin en 1187 – que d’avoir géré pacifiquement, sur des siècles, l’ensemble de l’héritage. […] Les chrétiens de Jérusalem, comme ceux de Syrie et plus tard ceux d’Egypte, ont reçu les Arabes en libérateurs au témoignage de tous les historiens chrétiens de l’époque »[5] .

Un autre exemple intéressant est celui de l’émir Abdel Kader, héros de la résistance algérienne, qui a lutté vaillamment contre la colonisation française. Mais, établi dans la capitale syrienne, Il joua un rôle de premier plan lors des émeutes de 1860. L’émir sauva, au nom de la foi musulmane, des milliers de chrétiens du massacre. Sa conduite lui vaudra de nombreux témoignages de reconnaissance et des décorations[6].

Donc le djihad renvoie à la notion d’effort : effort sur soi, effort de savoir et de connaissance, effort de développement … Et en aucun cas, une idéologie qui, se revendique de l’islam mais trahit, fondamentalement, sa vocation de paix et de justice, et préconise le terrorisme et les assassinats comme outils de lutte.

Le Coran déclare : « Quiconque porte atteinte à un innocent, c’est l’humanité toute entière qu’on remet en question »[7].

 

Le terrorisme n’a pas de religion

Le texte sacré est une chose, la lecture et l’interprétation qu’en font les hommes en est une autre. Les textes sacrés peuvent être instrumentalisés par les extrémistes de toute sorte.

L’islam est-il par essence violent ? Le Coran incite-t-il à la violence ? Ou bien ce sont les hommes qui prennent prétexte de tout, y compris du nom de Dieu, du Prophète et du Coran pour justifier et légitimer leur propre violence et leur propre fanatisme ?

Il est important de souligner que le terrorisme n’a pas de religion. Mais ce qui interpelle aujourd’hui, ce sont les moyens de communication utilisés par les djihadistes pour donner une résonnance planétaire à leur doctrine, attirer un jeune public et l’embrigader.

Les djihadistes utilisent internet, notamment les réseaux sociaux, et diffusent des vidéos prêchant la haine. Les jeux vidéo comme « Call of Duty » sont aussi utilisés pour charmer de jeunes candidats au djihad. Il faut noter également  que le djihadisme est attractif pour des individus en rupture avec la société, avec leurs familles, ou en détresse psychologique.

 

Face à la violence du rejet, il y a la violence du djihadisme

Face à la violence du rejet, il y a la violence du djihadisme. Pour des jeunes sans repères, le djihadisme devient une carrière.

Face à de tels phénomènes, aux conséquences aussi graves pour notre société, nous devons nous engager à favoriser le dialogue et l’enrichissement mutuels, à refuser les amalgames et à lutter contre toute idéologie prêchant la violence, incitant et légitimant des crimes terroristes.

Nous devons également favoriser l’éducation et la participation citoyennes de manière à éliminer les conditions qui favorisent la prolifération de la violence et de la pensée extrémiste.

 

[1] M. Arkoun, Ouvertures sur l’islam, Grancher, 1992, p. 35.

[2] Coran : S. 2, V. 208.

[3] Coran : S. 2, V. 256.

[4] Coran : S. 22, V. 39 – 40.

[5] Salah Stétié, Culture et Violence en Méditerranée, 2008, Imprimerie nationale éditions, p. 128.

[6] « L’émir et les chrétiens », Conférence du 7 décembre 2004 à Lyon de Mgr TEISSIER et de M. BOUTALEB.

[7] Coran : S. 5, V. 32.

Ne t’attriste pas

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Chère sœur, cher frère, ne t’attriste pas ..

Même si la tristesse envahi ton cœur, que les soucis te submerge, que l’angoisse t’étouffe, que ta situation se dégrade et que tes espoirs s’envolent … Ne t’attriste pas, ne faiblit pas, ne te laisse pas dominer par le chagrin, ne te laisse pas envahir par le stress et l’anxiété, ne désespère point…

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La vie est une épreuve. Le chagrin, la tristesse et les soucis n’épargnent personne, alors ne t’attriste pas, ne te décourage pas. Les nuages les plus sombres enfantent les plus beaux rayons du soleil. La tristesse ne durera pas éternellement et après chaque difficulté vient toujours la délivrance. Dieu a déclaré dans le Coran : « Certes, à côté de la difficulté, il y a la facilité. Certes, à côté de l’adversité, il y a la félicité »[1]. En commentant ces versets, le Prophète (PSDL) a dit : « Une difficulté ne vaincra pas deux facilités »[2].

L’être humain n’est pas parfait, il est sujet à de l’oubli, à de l’insouciance, à de la négligence et à des manquements.  C’est certain, chacun à ses défauts, chacun est amené à commettre des erreurs, ou peut-être échoué mais il ne doit pas s’attrister, ni se déclarer vaincu. L’important est d’apprendre de ses erreurs, de prendre conscience de ses difficultés et de les surmonter avec  foi, courage et détermination. Il faut apprendre à regarder les points positifs d’une situation et pas uniquement les points négatifs, apprendre aussi à voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide.

Face à la tristesse, face aux épreuves, il faut faire preuve de patience et ne pas être systématiquement dans la plainte. Mais plutôt dans la réflexion et se mettre en action pour s’en sortir. Le Prophète (PSDL) nous a appris cette invocation qu’il répétait de manière régulière pour se préserver des soucis et de la tristesse :

« Ô Seigneur! Je me mets sous Ta protection contre les soucis et la tristesse, contre l’incapacité et la paresse, contre l’avarice et la lâcheté, contre le poids de la dette et la domination des hommes »[3].

Ibn Mas’oud (DAS) rapporte que le Prophète (PSDL) a déclaré : « Il ne se trouve aucune personne qui récite cette invocation sans que Dieu n’éloigne d’elle ses soucis et ses chagrins en les remplaçant par de la joie »[4].

Lorsque la tristesse t’encercle et l’angoisse s’empare de toi, cherche réconfort et soulagement dans la prière. Dieu dit : « Ô vous qui portez la foi, cherchez du réconfort dans la patience et la prière ! Dieu est, en vérité avec ceux qui savent s’armer de patience »[5]. Al-Boukhari rapporte selon Abou Hourayra (DAS) que : « Lorsque quelque chose préoccupait le Prophète (PSDL) ou l’attristait, il trouvait réconfort et soulagement dans la prière ».

En cas d’affliction, ou lorsque le fidèle est submergé de tristesse, il doit se tourner vers Dieu, s’efforcer d’être patient et reconnaissant et faire confiance à Dieu.  Car Dieu dit dans le Coran :  « Dieu ne suffit-Il pas à Son adorateur comme Protecteur »[6]. S’en remettre à Dieu et Lui faire confiance, c’est pouvoir surmonter ses moments d’anxiété et prendre le dessus sur toute  angoisse et toute tristesse.

 

[1] Coran : S. 94, V. 5 – 6.

[2] Rapporté par Ibn Hajar Al ‘Asqalani dans Fath Al-Bari

[3] Anas ibn Malek (t) a dit : « j’étais au service du Prophète (PSDL) et je l’entendais répéter souvent cette invocation : « Ô Seigneur ! Je T’implore de préserver contre les soucis et la tristesse, contre l’incapacité et la paresse, contre l’avarice et la lâcheté, contre le poids des dettes et la domination des hommes » Rapporté par Al-Boukhari et Moslim.

[4] Rapporté par l’imam Ahmed.

[5] Coran : S. 2, V. 153.

[6] Coran : S. 39, V. 36.

S’exercer à goûter la douceur de la foi

Gravir les échelons un par un

Gravir les échelons un par un

Hanzala Al Oussaydi (DAS), l’un des scribes du Messager de Dieu (PSDL) a dit : « Une fois Abou Bakr (DAS) en me rencontrant me dit : “ Comment vas-tu Hanzala ? ”.  J’ai répondu :  “ Hanzala est devenu hypocrite ”. Il dit : “ O mon Dieu ! Que dis-tu là ? ” . Je dis : “ Quand nous nous trouvons en compagnie du Messager de Dieu (PSDL), il nous parle de la vie future,  du Paradis et de l’Enfer comme si nous les voyions de nos propres yeux. Mais dès que nous sortons de chez lui,  voilà que nous en sommes distraits à cause de nos occupations quotidiennes.  Nous avons ainsi beaucoup oublié ce dont il nous a parlé ”. Abou Bakr (DAS) dit : “ Par Dieu, nous ressentons tous deux la même chose ”. Puis nous partîmes, Abou Bakr et moi, pour nous rendre chez le Messager de Dieu (PSDL). Je dis : “ O Messager de Dieu ! Hanzala est devenu hypocrite.  Quand nous sommes en ta compagnie, tu nous parle de la vie future,  du Paradis et de l’Enfer comme si nous les voyions de nos propres yeux. Mais dès que nous sortons de chez toi,  voilà que nous en sommes distraits à cause de nos occupations quotidiennes.  Nous avons ainsi beaucoup oublié ce dont tu nous a parlé ”.  Le Messager de Dieu (PSDL) dit : « Par Dieu, si vous saviez persister dans le même état lorsque vous êtes en ma compagnie et dans la souvenance de Dieu, les Anges vous serreraient la main dans vos lits et sur vos chemins. Mais, ô Hanzala ! Chaque temps à sa préoccupation (il répéta cela trois fois) »1.

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde de consommation à outrance qui génère beaucoup de dominations, de frustrations, d’injustices et surtout beaucoup d’insouciances et d’indifférences. Le fidèle aspirant à un meilleur être moral et spirituel, doit se réconcilier avec lui-même, apaiser son âme, nourrir sa conscience  et ne pas être en proie à la tourmente et aux troubles de ce monde violent et sans finalité. Fréquenter les assises de la foi et du savoir, persévérer dans l’accomplissement de bonnes œuvres, vivre des moments intenses de présence à Dieu et réfléchir ensemble sur notre devenir nous permet d’être en paix, de rendre nos cœurs quiets et paisibles.

Les assises de la foi et du savoir :

Les assises de la foi et du savoir (majâliss al-‘Ilm wa-l-imane) sont des réunions d’étude, de souvenance de Dieu (dhikr) et de spiritualité. Au temps du Prophète (PSDL), ces réunions étaient reconnues pour leur effet tonique sur les vertus de chacun. Le Prophète (PSDL) formait ses compagnons, façonnait leurs personnalités et reconstruisait leurs identités. L’assise était le moyen le plus efficace pour fortifier la foi, approfondir le savoir et renforcer les liens du cœur, l’amour, la fraternité, l’homogénéité et l’esprit d’équipe.

Anas ibn Malek (DAS) rapporte que : « le compagnon Abdallah Ibn Rawaha (DAS), disait chaque fois qu’il rencontrait un autre compagnon : “ Viens que nous nous exercions à goûter la douceur de la foi un moment !”. Un jour, il fit cette invitation à un homme qui se fâcha et vint trouver le Prophète (PSDL) : “ O Messager de Dieu, lui dit-il, ne vois-tu pas cet Ibn Rawaha qui nous invite à des assises de la foi d’un moment ? ”. Le Prophète (PSDL) a répondu : Que Dieu garde Ibn Rawaha ! Il aime les assises où les anges font compétition pour y assister »2.

« Chaque fois, dit le Prophète (PSDL), qu’un groupe de fidèles se réunissent dans un endroit pour mentionner Dieu, pour réciter le Coran et discuter entre eux de sa signification, la paix du cœur descend sur eux, la miséricorde les recouvre et Dieu les mentionne à ceux qui se trouvent en Sa présence »3.

Les mérites des assises de la foi et du savoir :

Les raisons pour fréquenter une assise pour fortifier la foi et approfondir le savoir sont multiples et peuvent se résumer en trois niveaux :

Au niveau personnel :

  1. Fortifier sa foi.

  2. Approfondir ses connaissances religieuses et mieux comprendre sa religion. Il important pour le fidèle de comprendre les exigences d’appartenir à l’islam qui se résume en trois mots clés : j’apprends ma foi dans ses moindres détails, j’applique sincèrement avec  méthode et perfection et je témoigne de ma foi. Apprendre, appliquer et témoigner.

  3. Améliorer sa pratique religieuse.

  4. Persévérer dans le dhikr et le rappel afin de trouver la tranquillité, la miséricorde et la paix intérieure.

  5. Connaître le Prophète (PSDL) notre modèle par excellence afin de s’identifier à lui et sauvegarder sa sounna.

  6. Connaître les compagnons du Prophète (PSDL) et les imiter sincèrement.

  7. Apprendre à agir et à s’engager, en participant à des actions collectives pensées et organisées par les membres de l’assise.

  8. Se former pour mieux se réformer.

  9. Être conscient de ses responsabilités.

Au niveau fraternel et social :

  • Mieux se connaître.

  • Renforcer les liens d’amour en Dieu et de fraternité.

  • Développer l’esprit d’équipe.

  • Apprendre à dialoguer et à débattre dans le respect.

  • Apprendre à résister avec intelligence et sagesse.

  • Réfléchir ensemble et élaborer des stratégies d’actions.

  • Penser notre participation citoyenne à la lumière de la spiritualité.

  • Se recommander mutuellement la vérité et la patience.

  • Mieux porter la responsabilité du témoignage.

Quelques bienséances à observer pour l’assise :

  • Avant de commencer une assise dans le but de souvenir de Dieu, de fortifier sa foi et d’approfondir son savoir et l’intensifier, que celle-ci se passe de préférence à la Mosquée ou dans tout autre endroit, il convient, dès que possible de se purifier, de faire ses ablutions, dès lors qu’on a les moyens de les faire.

  • Respecter l’horaire de l’assise, veiller à ne pas arriver en retard sauf cas particulier.

  • Avoir bonne intention et être sincère.

  • Se préparer moralement et spirituellement afin de participer, d’enrichir et débattre les sujets proposés.

  • L’assise est une rencontre en Dieu et pour Dieu, il faut veiller à tirer le maximum de cette présence divine et que l’assise ne se transforme pas en discussion de salon.

  • Rechercher l’assistance et le soutien de Dieu : en effet, chacun sait qu’il est faible  et qu’il a besoin de cette assistance Divine pour se motiver, se remotiver et retrouver confiance en soi. « C’est Toi que nous adorons et c’est de Toi que nous attendons assistance »4 ; « Et quiconque place sa confiance en Dieu. Dieu lui suffit »5.

  • Avoir bon cœur. Un cœur habité par l’amour de Dieu et de Son Messager, un cœur qui n’en veut à personne, un cœur qui sait pardonner et dépasser.

  • Faire acte de vigilance et de bon conseil.  Le fidèle est tenu de participer, de critiquer, de proposer et d’agir dans un esprit d’équipe.

1 Rapporté par Moslim.

2 Rapporté par l’imam Ahmed.

3 Rapporté par Boukhari et Moslim selon Abou Hourayra.

4 Coran : S. 1, V. 4.

5 Coran: S. 65, V. 3

Mettre sa foi à l’épreuve

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Le compagnon Abou Darada’ (DAS) disait : « Le fidèle avisé doit examiner et entretenir sa foi de manière régulière, savoir si sa foi augmente ou diminue et sentir les tentations d’où elles viennent les appréhender et les repousser ».

Il est souvent utile de faire le bilan de notre foi et de notre engagement envers Dieu. Comment tester sa foi ? Comment savoir si notre augmente ou diminue ? Quels sont les indicateurs qui nous permettent d’entretenir et de gérer notre foi efficacement.

Khaythama ibn Abd-Rahaman a dit : « La foi se consolide, progresse et donne une bonne et abondante moisson dans une terre fertile, mais s’affaiblit et périt dans une terre aride. La  fertilité et la progression sont favorisés par l’accomplissement de bonnes œuvres et la faiblesse de la foi est favorisé par les péchés ».

Notre foi peut être en effet testée, évaluée lorsqu’elle sera mise à l’épreuve, lorsqu’elle saura réagir dans les situations suivantes :

 1er  test de la foi : face aux choses douteuses :

Dans le hadith authentique : «  Le licite est clair, l’illicite est clair et entre les deux il y a des choses qui peuvent prêter au doute. Celui ou celle qui se garde des choses douteuses saura préserver sa foi et son intégrité. En revanche, celui ou celle qui n’est pas vigilent, tombera incontestablement dans le haram … »[1]

Se garder des choses douteuses est un bon test pour notre foi, le fidèle qui saura résister et les repousser, sa foi se fortifie, se consolide et s’enracine davantage et celui qui les accepte sa foi s’affaiblit et finira par disparaître si aucun effort n’est fourni pour rectifier le tir.

 

2ème  test pour la foi : face aux péchés :

L’individu qui sombre dans les péchés et ne fournit pas les efforts nécessaires pour se repentir, se corriger et changer de comportements, oublie Dieu, oublie Sa rencontre ultime et par conséquent sa foi diminue.

Le Prophète (PSDL) a dit : « Les séducteurs assaillent successivement les cœurs comme les fils du paillasson, les uns après les autres. Chaque cœur qui les absorbe, sera tâché de tâches noires et chaque cœur qui les rejette, sera tâché de tâches blanches jusqu’à ce que les cœurs deviennent de deux sortes : un cœur obscur qui ne connait aucun bien et ne rejette aucun mal car il ne réagit qu’à ses désirs, et un cœur blanc qu’aucune séduction n’atteindra préjudiciablement tant que les cieux et la terre persisteront ».[2]

 

 3ème  test pour la foi : face à l’épreuve :

Dieu dit : « Est-ce que les gens pensent qu’on affirmant : « Nous portons la foi ! » ils ne seront pas éprouvés ? » (S. 29 – V. 2).

Le Prophète (PSDL) a dit : «  L’individu sera éprouvé selon l’intensité de sa foi. Si foi est forte, l’épreuve sera à la hauteur de sa foi »[3].  Dans un autre hadith : «  La foi du fidèle ne cesse d’être mise à l’épreuve jusqu’à ce qu’il rencontre Dieu alors qu’il est absous de tout péché ».[4]

Dieu dit : « Dieu est le Protecteur de ceux qui ont la foi, Il les fait sortir des ténèbres, pour les guider vers la lumière »[5] c’est un grand privilège d’être destinataire de ce verset de sourate 2.

Demeure en permanence présent à Dieu, espère en Lui en tout ce que tu entreprends, arme-toi de patience devant l’épreuve et sollicite le soutien de Dieu pour tous les aléas de ta vie. Garde-toi des pièges de l’insouciance (al-ghafla), des douceurs séductrices et trompeuses de ta passion, des désirs fallacieux de ton égo : ton plus grand ennemi.

[1] Unanimement reconnu authentique rapporté selon An-No’mane ibn Bachîr (DAS).

[2]  Hadith authentique rapporté par Moslim selon Houdayfa ibn al Yaman,

[3] Rapporté par Tirmidhi et Ibn Maja selon Mosâab ibn Sâad (DAS). Sahih Tirmidhi.

[4] Tirmidhi selon Abou Hourayra (DAS).

[5] Coran : S. 2, V. 257.

Entretenir sa foi et la renouveler

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Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile d’être et d’agir. La foi du fidèle à tendance à s’affaiblir au milieu des préoccupations quotidiennes. « La foi, dit le Prophète (PSDL) s’use à l’intérieur du cœur comme s’use le tissu. Ainsi demandez à Dieu de renouveler la foi dans vos cœurs »[1].

Dans un autre hadith : «  Renouvelez-donc votre foi ! Comment renouvelle-t-on notre foi ? demandèrent les compagnons. Le Prophète (PSDL) a répondu : Répétez inlassablement cette formule : Il n’y a de Dieu que Dieu  »[2].

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La foi a besoin d’être entretenue et renouvelée, sinon elle amenée à baisser et ensuite à s’éteindre.  Porter la foi, vivre une spiritualité c’est s’engager et concrétiser cette foi par une action utile. Utile à soi, à sa famille, à sa société, à l’humanité toute entière.

Parmi les moyens qui permettent de renouveler sa foi et la consolider, il y a :

  1. La dynamique de groupe :

Être bien entouré et vivre sa foi dans un environnement propice permet à la foi de s’épanouir et de se fortifier. La dynamique de groupe agit comme un catalyseur pour réaliser son ascension spirituelle. Le Prophète (PSDL) a dit : « Chacun a la même intensité de foi que son ami le plus intime. Choisissez donc vos amis avec soin »[3].

La prière, la récitation du Coran, l’apprentissage du savoir comme les autres disciplines de souvenance de Dieu, sont plus efficientes si elles s’accomplissent en groupe. La dynamique de groupe a une vertu particulière sur l’individu et son comportement. Ibn ‘Ata Allah Ai-Iskandari dit dans ses paroles de sagesse : “ Ne prends pas pour compagnon celui dont l’état (spirituel) ne te stimule pas et dont les paroles ne te montrent pas la voie de Dieu ”.

  1. L’effort dans la pratique :

La foi est une conviction profonde qui doit s’accompagner  obligatoirement   d’une œuvre bonne. A chaque fois que la fois est citée dans le Coran, aussitôt l’obligation d’agir est rappelée. C’est dire que s’interroger sur sa foi c’est aussi s’interroger sur son engagement. L’effort dans la pratique est le témoignage sincère de la foi du fidèle.

L’imam Al-Hassan Al-Basri disait : “ La foi ce n’est pas une simple prétention, ni une vague parure  mais c’est ce qui est enraciné dans le cœur et confirmé par les actes…”.

  1. L’examen de conscience :  

Le Prophète (PSDL) a dit : « Le fidèle clairvoyant est celui qui réalise constamment son examen de conscience et se prépare intensément à sa rencontre avec Dieu… »[4].

‘Omar ibn al-Khattab (DAS) a dit : « Jugez-vous vous-mêmes avant d’être jugés, et pesez vos œuvres avant qu’elles ne soient pesées, car votre Jugement de demain sera plus facile si vous faites aujourd’hui votre examen de conscience. Et préparez-vous pour le jour où vous vous présenterez devant Dieu et rien de vous ne sera caché ».

Réaliser son examen de conscience c’est être en perpétuelle réforme de son être, c’est aspirer à être meilleur moralement et spirituellement, en toute humilité ; meilleur Devant Dieu, humble devant les êtres humains.

 

[1] Rapporté par Al Hakem dans al-Mustadrak  et At-Tabarani dans al-Mu’jam Al Kabir selon Abdullah ibn Al-‘Aç (t) ; et qualifié de Bon par Al-Albani dans Al-Jami’ As-Sahih.

[2] Rapporté par l’imam Ahmed selon Abou Hourayra (t).

[3] Rapporté par Tirmidhi et Abou Daoud selon Abou Hourayra(t).

[4]  Rapporté par Ahmed et Tirmidhi selon Chaddad ibn Aws(t).