Archives par étiquette : Témoigner de sa foi

Muslmans de France entre surveillance et diabolisation

Face à la recrudescence d’actes de haine anti-musulman en France et de provocations émanant de toutes parts, comment réagir sereinement et renforcer les liens civiques qui réunissent les Français au-delà de leur confession ? Dans cette tribune publiée par Zaman France, l’imam et conférencier Omar Mahassine dresse un tableau précis de la situation sociale et psychologique vécue par les citoyens de confession musulmane et propose quelques solutions.

Musulmans de France entre surveillance et diabolisation

Face à la recrudescence d’actes de haine anti-musulman en France et de provocations émanant de toutes parts, comment réagir sereinement et renforcer les liens civiques qui réunissent les Français au-delà de leur confession ?

Petite pensée du vendredi n° 10

Le repentir, une prise de conscience

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Le repentir de tout péché est une obligation, qui exige d’être accomplie immédiatement et en permanence. En effet, le fidèle est un être humain, sujet à de l’oubli, à de l’insouciance, à des manquements. Sa foi s’affaiblit, il se fait du tort, déplait à lui-même et commet des péchés. Mais Dieu est bonté infinie : « Il tend Sa Main la nuit pour accepter le repentir du pêcheur  du jour et le jour pour accepter le repentir du pêcheur de la nuit ; et ce jusqu’à la résurrection »[1].

Dieu dit : « … Repentez-vous tous devant Dieu, ô Croyants ! Afin que vous récoltiez le succès »[2].

Mon frère, ma sœur ! Saisissez la porte du repentir et pénétrez-y tant qu’elle est ouverte. Faites votre examen de conscience et constatez vous-mêmes l’ampleur des méfaits  que vous avez commis envers Dieu, envers autrui et envers vos propres personnes… Dieu aime l’adorateur qui reconnaît ses fautes et qui en demande l’amnistie. Cependant, le repentir requiert certaines conditions : que l’individu cesse immédiatement de commettre le péché, regrette sincèrement de l’avoir commis, décide de ne plus récidiver et  répare les injustices.

N’oubliez pas qu’on s’achemine tous vers Dieu et qu’on va à Sa rencontre pour sûr. Ne soyez pas insouciants vis-à-vis de ce rendez-vous inéluctable. Ne retardez pas votre éveil spirituel jusqu’à l’heure de l’agonie, car l’éveil ne vous serait d’aucune utilité à ce moment fatidique. Purifiez vos cœurs, réformez vos conduites en imitant sincèrement le comportement du prophète (PSDL) afin de mieux vous préparer  à la rencontre ultime de Dieu.  

Saisissez l’occasion de faire le bien tant que vous en êtes capables. Dans votre relation à Dieu, réparez ce que vous avez détérioré,  lavez ce que vous avez souillé, purifiez ce que vous avez corrompu. Réconciliez-vous avec Dieu, repentez-vous de vos méfaits et restez constant dans la repentance. Veillez à vous conformer à la voie de Dieu dans les épreuves et dans l’adversité, dans les difficultés et dans l’aisance, dans le bien et le malheur. Gardez confiance en Dieu et persévérez dans Son adoration et en Sa présence, vous verrez les flots d’amour et de paix intérieur qu’Il vous accordera.    

[1] Hadith rapporté par Moslim selon Abou Moussa Al Ash’âri.

[2] Coran : S. 24, V. 31

Petite pensée du vendredi n° 9

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Du temps pour méditer et se souvenir de Dieu

 

Notre monde actuel est violent et en souffrance. Un monde marqué par l’injustice,  les conflits et les rapports de domination.  Un monde porté par  le matérialisme illusoire qui ne produit ni épanouissement ni libération mais uniquement des dépendances et des frustrations. Un monde où il est de plus en plus difficile d’être, de se poser un moment, d’être à l’écouter de ses besoins, d’avoir un temps de recueillement, de méditer le sens et d’ajuster ses pensées.

Dans le Coran, Dieu nous invite à observer attentivement la création, à méditer sur les manifestations de la Majesté et de la Splendeur divines exprimées dans l’univers et à en tirer des enseignements : « En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a des signes pour les doués d’intelligence, qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, mentionnent Dieu et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : Notre Seigneur ! Tu n’as pas crée cela en vain. Gloire à Toi ! Préserve-nous du châtiment du Feu »[1].

Le Prophète (PSDL), notre modèle par excellence, méditait sur le Coran et la création. Selon  Aîcha (DAS) : « Le Prophète (PSDL) m’a demandé  une nuit : “ Ô Aîcha ! Cette nuit, je veux me consacrer à l’adoration de Mon Seigneur ” Je lui ai répondu : “ Par Dieu ! J’aime ta proximité et j’aime aussi ce qui te fait plaisir ”. Elle dit : Il se leva, se purifia puis il se mit à prier ; il ne cessa de pleurer jusqu’à ce qu’il mouilla son giron, puis il pleura jusqu’à ce qu’il mouilla le sol. Puis Bilal (DAS) vint l’appeler pour la prière, lorsqu’il le vit pleurer, il dit : “ Ô Messager de Dieu !  Pourquoi pleures-tu alors que Dieu a pardonné tes péchés passés et futurs ”. “ Pourquoi pas répondit le prophète (PSDL), ne serai-je pas un adorateur reconnaissant ? Il m’a été révélé cette nuit, des versets du Coran, malheur à celui qui les lis et qui ne les médite pas ” :En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a des signes pour les doués d’intelligence ….) »[2].

La médiation est un excellent moyen pour se rapprocher de Dieu, pour l’aimer et reconnaître Sa Souveraineté. Elle est, également, un moyen pour être en paix, pour détendre le corps et évacuer le stress et l’anxiété. Conjuguée avec du dhikr (souvenir de Dieu), la méditation permet au fidèle de retrouver l’équilibre du côté spirituel et de s’épanouir moralement et spirituellement.

Prendre le temps pour méditer et se souvenir de Dieu, c’est donner du sens à son cheminement, de la substance à sa foi, de la cohérence à son engagement et de l’exigence vis-à-vis de son action.

Se souvenir de Dieu et répéter inlassablement Son nom mène à la présence de Dieu. Dans le hadith qodsi : « Je fais de Mon adorateur ce qu’il attend que Je fasse de lui (il faut avoir bonne opinion de Dieu, avoir foi en Sa bonté). Je suis présent en son cœur chaque fois qu’il se souvient de Moi en répétant Mon nom. S’il se souvient de Moi à part soi, Je Me souviens de lui à part Moi-même. S’il se souvient de Moi en assemblée, Je mentionne son nom dans une assemblée meilleure. S’il s’approche de Moi d’un empan, Je M’approche de lui d’une brassée. S’il s’approche de Moi d’une brassée, Je M’approche de lui de toute l’envergure des deux bras tendus. S’il vient à Moi en marchant, Je vais à lui en toute hâte »[3].

C’est un grand privilège de se savoir visé par ce hadith, c’est un grand privilège d’être destinataire de ce message d’amour et de proximité de la part de Notre Seigneur. Gloire et louange infinie à Dieu, éternellement Bienveillant et Généreux, qui montre le chemin pour Le connaître et l’aimer en nous dotant de la faculté de méditer et d’être présent à Lui.

[1] Coran, Sourate : 3, Versets : 190 – 191.

[2] Hadith authentique rapporté par Ibn Hibbane selon Aîcha (DAS) et authentifié par Al-Albani.

[3] Rapporté par Boukhari et Moslim selon Abou Hourayra.

Petite pensée du vendredi n° 8

Soyez vous-mêmes

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Nous vivons une époque où le paraître a pris le dessus sur l’être. Il est de plus en plus difficile de trouver une personne fiable, juste et incorruptible, car souvent les apparences sont trompeuses, les engagements ne sont pas honorés et la confiance trahie ! Le Prophète (PSDL) nous enseigne les gages de véracité et de sincérité que doit donner chaque fidèle : « Quatre traits de conduite, dit le Prophète (PSDL), caractérisent l’hypocrite ; s’il les a tous les quatre, il est l’hypocrite type. Il reste hypocrite tant que l’un des quatre signes se manifeste chez lui. L’hypocrite est :

  1. Menteur
  2. Faillit à ses engagements
  3. N’est pas digne de confiance
  4. Profère des propos orduriers à chaque dispute»[1].

Les hommes camouflent la vérité pour préserver leurs situations et ne pas nuire à leurs réputations. Les personnages à facettes travaillent uniquement pour leurs intérêts ou pour l’image qu’ils veulent donner d’eux-mêmes. L’égo, provoquant une fierté déplacée, amène la personne à refuser sa propre faiblesse et à ne pas reconnaître ses erreurs.

Tout être humain commet des erreurs dans sa vie envers soi et envers les autres. Mais rares sont ceux qui les reconnaissent ouvertement devant Dieu et devant les hommes. Reconnaître ses erreurs demande une grande maturité spirituelle et beaucoup de courage. Le repentir sincère commence par la reconnaissance de ses erreurs. Omar Ibn Al Khattab disait : « Que Dieu bénisse celui ou celle qui me montre mes défauts ».

Être musulman, vivre une foi sincère c’est être conscient de ses responsabilités, c’est aussi connaître ses défauts pour les corriger.  En effet, pour se purifier de ses manquements et de ses torts, il faut d’abord en prendre conscience. Malheureusement, l’humain est souvent dans le déni de ses erreurs et passe plus de temps à inspecter les comportements d’autrui, au lieu de se concentrer sur les siens. Il pointe du doigt les erreurs de ses semblables mais reste inattentif vis-à-vis de ses propres défauts.

Chère sœur, cher frère,

La foi n’est pas une mise en scène, ni une vague parure dont il suffit de se revêtir, mais elle est un cheminement exigeant, porteur de transformation. Elle est en même temps un combat contre son égo, un effort assidu vers la plus royale des victoires : la victoire sur soi.

Alors, soyez vous-mêmes, cessez de vous dissimuler derrière des apparences, cessez de refléter une image qui ne vous ressemble pas, juste pour ne pas subir les critiques, les jugements ou le regard des autres. Ayez comme seul et unique objectif : plaire à Dieu; le reste n’aurait plus aucune importance pour vous !

 [1] Rapporté par Boukhari et Moslim selon Abdallah ibn ‘Amrou.

Petite pensée du vendredi n° 7

Ne t’attriste pas

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Chère sœur, cher frère,

Même si la tristesse envahi ton cœur, que les soucis te submerge, que l’angoisse t’étouffe, que ta situation se dégrade et que tes espoirs s’envolent … Ne t’attriste pas, ne faiblit pas, ne te laisse dominer par le chagrin, ne te laisse pas envahir par le stress et l’anxiété, ne désespère point…

La vie est une épreuve. Le chagrin, la tristesse et les soucis n’épargnent personne, alors ne t’attriste pas, ne te décourage pas. Les nuages les plus sombres enfantent les plus beaux rayons du soleil, la tristesse ne durera pas éternellement et après la difficulté vient toujours la délivrance. Dieu a déclaré dans le Coran : « Certes, à côté de la difficulté, il y a la facilité. Certes, à côté de l’adversité, il y a la félicité »[1]. En commentant ces versets, le Prophète (PSDL) a dit : « Une difficulté ne vaincra pas deux facilités »[2].

L’être humain n’est pas parfait, il est sujet à de l’oubli, à de l’insouciance, à de la négligence et à des manquements.  C’est certain, chacun à ses défauts, chacun est amené à commettre des erreurs, ou peut-être échoué mais il ne doit pas s’attrister, ni se déclarer vaincu. L’important est d’apprendre de ses erreurs, de prendre conscience de ses difficultés et de les surmonter avec courage, détermination et patience. Il faut apprendre à regarder les points positifs d’une situation et pas uniquement les points négatifs, apprendre aussi à voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide.

Face à la tristesse, face aux épreuves, il faut faire preuve de patience et ne pas être systématiquement dans la plainte. Mais plutôt dans la réflexion et se mettre en action pour s’en sortir. Le Prophète (PSDL) nous a appris cette invocation qu’il répétait de manière régulière pour se préserver des soucis et de la tristesse : « Ô Seigneur! Je me mets sous Ta protection contre les soucis et la tristesse, contre l’incapacité et la paresse, contre l’avarice et la lâcheté, contre le poids de la dette et la domination des hommes »[3].

Ibn Mas’oud rapporte que le Prophète (PSDL) a déclaré : « Il ne se trouve aucune personne qui récite cette invocation sans que Dieu n’éloigne d’elle ses soucis et ses chagrins en les remplaçant par de la joie »[4].

Lorsque la tristesse t’encercle et l’angoisse s’empare de toi, cherche réconfort et soulagement dans la prière. Dieu dit : « Ô vous qui portez la foi, cherchez du réconfort dans la patience et la prière ! Dieu est, en vérité avec ceux qui savent s’armer de patience »[5]. Boukhari rapporte selon Abou Hourayra que lorsque quelque chose préoccupait le Prophète (PSDL) ou l’attristait, il trouvait réconfort et soulagement dans la prière.

En cas d’affliction, ou lorsque le fidèle est submergé de tristesse, il doit se tourner vers Dieu, s’efforcer d’être patient et reconnaissant et faire confiance à Dieu.  Car Dieu dit dans le Coran : « Dieu ne suffit-Il pas à Son adorateur comme Protecteur »[6]. S’en remettre à Dieu et Lui faire confiance, c’est pouvoir surmonter ses moments d’anxiété et prendre le dessus sur toute  angoisse et toute tristesse. 

[1] Coran : S. 94, V. 5 – 6.

[2] Rapporté par Ibn Hajar Al ‘Asqalani dans Fath Al-Bari

[3] Anas ibn Malek (DAS) a dit : « j’étais au service du Prophète (PPSDL) et je l’entendais répéter souvent cette invocation : « Ô Seigneur ! Je T’implore de préserver contre les soucis et la tristesse, contre l’incapacité et la paresse, contre l’avarice et la lâcheté, contre le poids des dettes et la domination des hommes » Rapporté par Boukhari et Moslim.

[4] Rapporté par l’imam Ahmed.

[5] Coran : S. 2, V. 153.

[6] Coran : S. 39, V. 36.

Petite pensée du vendredi n° 6

Eduquer son cœur

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Le prophète (PSDL) dit dans le hadith authentique : « Il est dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rend tout le corps sain, mais s’il est corrompu, tout le corps devient corrompu. Il s’agit du cœur »[1].

En tant que musulmans, aspirant à un meilleur être moral et spirituel ; nous avons besoin aujourd’hui d’éduquer nos cœurs, de vivre une spiritualité active et de purifier nos intentions afin de goûter la douceur de la foi. Nous avons besoin de retrouver la paix du cœur afin d’avoir un éclairage sur nous-mêmes et sur le monde.

Le cœur, pour le fidèle soucieux de sa complétude morale et de son accomplissement spirituel, est l’élément central de son cheminement spirituel. Il faut préparer la terre pour qu’elle reçoive la semence, réhabiliter son cœur  pour qu’il s’illumine à la rencontre du message afin de mieux porter la responsabilité du témoignage.

Eduquer son cœur et l’apaiser, réformer sa conduite et réaliser sa mutation éthique tel est le sens d’une spiritualité rayonnante. La foi exige du fidèle de purifier son intention, d’examiner sa sincérité et de déployer inlassablement les efforts  afin de mieux être, mieux agir et mieux servir.  Dieu est pur et n’accepte que ce qui est pur.

Parmi les sagesses d’Ibn ‘Atâ-Allah al-Iskandarî : « Comment un cœur pourrait-il s’illuminer, alors que son miroir est imprégné par les formes illusoires de ce monde ?  Ou comment pourrait-il entreprendre  son voyage vers Dieu, s’il est dominé par ses désirs et ses pulsions ? Ou comment désirerait-il ardemment dans la présence à Dieu s’être purifié de la souillure de son insouciance ? »

 [1] Rapporté par Boukhari et Moslim selon No’mâne Ibn Bachir.

 

Petite pensée du vendredi n° 5

« Prosterne-toi et rapproche-toi »[1]

 

invocation

La prière est le pivot central de la foi. Elle est le lien intime entre ton cœur et Celui qui t’a fait être. Le fidèle s’extirpe à l’emprise des préoccupations quotidiennes pour se mettre devant Dieu, aller à Sa rencontre et chercher Sa proximité. Le corps aussi bien que le cœur doivent participer, associés, à l’attitude globale de présence et d’humilité devant Dieu.

La prière est l’ascension de ton âme vers le Clément, le Compatissant. Entrer en prière c’est communiquer directement, et sans intermédiaire, avec L’Être suprême. C’est initier un dialogue serein entre ton cœur et Dieu, Lui exposer tes demandes et tes aspirations, Lui confier tes déchirements et tes négligences. Voici les termes de ce dialogue tels que le Prophète (PSDL) les rapporte dans un hadith qodsi : [Dieu dit : « Je partage la prière avec mon adorateur » ; quand il dit : « Gloire à Dieu, Maître des mondes ! », je réponds : « Mon adorateur Me glorifie ! », quand il dit : « Le Clément, Le Compatissant ! » Je dis : « Mon adorateur Me fait louange ! », quand il dit : « Roi du jour du jugement ! », je dis : « Mon adorateur M’exalte ! » ; quand il dit : « C’est Toi que nous adorons, c’est de Toi que nous attendons assistance ! », je dis : « C’est le lien entre Moi et Mon adorateur ! », quand il dit : « Guide-nous dans le droit chemin, le chemin qu’ont suivi ceux que Tu as comblé de Tes bienfaits, qui ne sont ni l’objet de Ton courroux ni des égarés ! », je dis : « Cette faveur sera accordée à Mon adorateur, son vœu sera exaucé ! » ].[2]

 Ne relâche pas la persévérance dans la prière   . C’est la voie pour accéder à l’amour Dieu. Le Prophète (PSDL) dit en attribuant ces paroles à Dieu : « (…) Mon adorateur, s’il persévère dans les actes surérogatoires, finira par mériter Mon amour. Quand Je l’aurai aimé, Je deviendrai son ouïe avec laquelle il entend, sa puissance de vision avec laquelle il perçoit le monde, sa main avec laquelle il agit et son pied avec lequel il marche. S’il M’invoque J’exaucerai son vœu, s’il se réfugie en Moi Je serai Son protecteur »[3]

Renouvelle ton intention et concentre-toi devant Sa Majesté. Prosterne-toi avec humilité et modestie devant Sa Grandeur. La prosternation face contre terre permet l’élévation de ton âme et l’éveil de ta conscience. Et c’est à ce moment là, que tu es le plus proche de Dieu, le Prophète (PSDL) disait : « Le moment ou l’adorateur le plus proche de Dieu  est celui ou il est en prosternation, multipliez donc les invocations »[4].

La prière, accomplie comme il se doit avec présence de cœur et d’esprit, donne la force qui permet à chacun de surmonter les difficultés et d’assumer ses responsabilités. Mais, La présence à Dieu dans la prière nous manque énormément. L’insouciance a su dominer nos cœurs et l’oubli nous aliéner. Que Dieu remplisse nos cœurs de Son amour, de Sa lumière et de Sa Miséricorde afin que nous puissions témoigner de notre foi et rayonner de ses valeurs de bonté, de générosité et de justice.

 

[1] Coran : S. 96, V. 19

[2] Hadith rapporté par Moslim, Ahmed, Tirmidi, Abou Daoud, An Nassaî et ibn Maja selon Abou Hourayra.

[3] Rapporté par Boukhari selon Abou Hourayra.

[4] Rapporté par Moslim, Ahmed et An-Nassaî selon Abou Hourayra.

Être au service de ses frères et de ses sœurs

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Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile d’être dans un monde violent et sans finalité. Les  relations humaines sont conçues sous l’angle des intérêts. L’individualisme forcené lié au matérialisme illusoire et dévastateur a pris le dessus dans les rapports humains. Certains profitent de leur situation privilégiée pour asseoir leur pouvoir aux dépens des autres tandis que d’autres s’enrichissent en exploitant les plus pauvres.

Pour le fidèle qui aspire à un meilleur être moral et spirituel, il y a un calcul beaucoup plus intéressant, celui qui consiste à être bon et à promouvoir le bien. Dans la vie dernière, il y a récompense, il y a l’agrément de Dieu. Chaque fois que je me montre généreux, disponible, serviable et que je pense à mon frère ou à ma sœur avant de penser à moi-même, j’avance en vertu et je gagne en bonté et en spiritualité.

Le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) a dit : « Le musulman est frère de chaque autre musulman ; il doit s’abstenir de lui causer du tort ou de l’abandonner s’il se trouve en difficulté. Quiconque s’occupe au service de son frère, Dieu s’occupera de ses propres affaires. Quiconque allège les peines de son frère, Dieu allégera ses propres peines au jour du jugement. Quiconque épargne son frère, Dieu l’épargnera au jour du jugement »[1].

Ce hadith nous exhorte au « bel agir », à mieux être et mieux servir. La foi exige une action concrète, pratique et efficace. Être utile, servir l’autre sans rien attendre en retour est la manifestation d’une spiritualité rayonnante.

Nous sommes appelés à imiter sincèrement le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) et à l’exemple de sa douceur et de sa miséricorde, il nous faut nous réformer, afin que puisse se lire dans nos paroles et dans nos actions, l’amour et la présence de Dieu. Que nos bonnes actions ne soient rien d’autre que la conséquence immédiate de notre amour pour Dieu et pour le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui). Ainsi serons-nous les dignes héritiers du Prophète (paix et salut de Dieu sur lui), et ainsi peut-être aurons-nous le privilège de voir, ne serait-ce que quelques-unes de nos actions retenues et agréées par Dieu.


[1] Hadith unanimement reconnu authentique rapporté selon Ibn Omar (Que Dieu l’Agrée).

Petite Pensée du vendredi n° 4

le temps

Le temps c’est la vie. Notre capital-temps est le bien le plus précieux que nous possédons. Être conscient de la valeur du temps et l’exploiter pour mieux être et mieux agir est une exigence de la foi.

Sénèque disait : « Notre temps nous est en partie dérobé, en partie subtilisé et ce qui reste se perd sans qu’on y prenne garde ».

Mieux gérer son temps c’est saisir le sens de son existence. Chaque instant qui passe nous rapproche davantage de notre rendez-vous  inéluctable avec Dieu. Le pire d’entre les perdants est celui ou celle qui aurait été insouciant vis-à-vis de son Devenir et qui aurait gaspillé sa vie dans des futilités.

Le Prophète (PSDL) a dit : « Il y a deux bienfaits que de nombreuses personnes n’apprécient guère à leur juste valeur et ne les utilisent pas à bon escient : la santé et le temps libre ».[1]

Le temps du musulman – conscient de ses responsabilités – doit être comme un budget qu’il dépense de manière intelligente. S’il se montre négligent et insensible à la perte du temps en le gaspillant à tort et à travers, il participe à sa propre perte par cette attitude irresponsable.

Chère sœur, cher frère, prenez le temps :

  • Prenez le temps de choisir vos amis, de fréquenter les meilleurs moralement et spirituellement, c’est le secret pour approfondir sa foi et l’intensifier. Le Prophète (PSDL) a dit : « Chacun a la même intensité de foi que son ami le plus intime. Choisissez donc vos amis avec soin »[2].
  • Prenez le temps d’évoquer Dieu, c’est le meilleur moyen pour apaiser son cœur. « N’est-ce point par l’évocation de Dieu que s’apaisent les cœurs ? »[3].
  • Prenez le temps de lire, c’est la clé du savoir. Prenez le temps de vous former, c’est la voie pour se réformer.
  • Prenez le temps de lire le Coran, le méditer et le goûter, c’est le festin spirituel auquel Dieu invite les êtres humains.
  • Prenez le temps d’agir, de persévérer et de déployer les efforts nécessaires, c’est  la voie de la réussite. Mais prenez surtout le temps de réfléchir, d’élaborer une stratégie d’actions avant d’agir.
  • Prenez le temps de donner et de partager. Parmi les témoignages de la sincérité de la foi, le don est le plus concret et le plus quotidien.
  • Prenez le temps d’aimer uniquement pour l’amour de Dieu, ainsi que d’être aimé, c’est une grâce de Dieu.
  • Prenez le temps de prier, c’est le moyen privilégié pour dialoguer avec Dieu, développer son intimité avec Lui et goûter la douceur de la foi.

[1] Rapporté par Boukhari selon Ibn Abbas.

[2] Rapporté par l’imam Ahmed, Tirmidhi, Al-Bayhaqi et Al-Hakem selon Abou Hourayra.

[3] Coran : S. 13, V. 28.

La prière de l’éclipse : une sunna fortement recommandée

eclipse

Ibn ‘Abbas dit : « Le soleil s’est éclipsé au temps du Prophète (saws). Il a accompli la prière. Il est resté un long moment en position debout, le temps de lire sourate « Al Baqara ». Ensuite, il s’est incliné pendant un long moment. Ensuite, il s’est redressé et s’est tenu debout (pour la récitation) un long moment mais plus court que le premier. Ensuite, il s’est incliné pendant un long moment mais plus court que la première inclinaison. Ensuite il s’est prosterné. Ensuite, il s’est tenu debout durant un long moment mais plus court que la première fois. Ensuite, il s’est incliné pendant un long moment mais plus court que la première inclinaison. Ensuite il s’est redressé et s’est tenu debout longtemps mais moins longtemps que la fois précédente. Ensuite, il s’est incliné durant un long moment mais plus court que la fois précédente. Ensuite, il s’est redressé, puis prosterné. Il a conclu la prière alors que le soleil était dégagé, il a fait, alors, un sermon aux gens » (rapporté par al Boukhari et Mouslim).

– Les savants s’accordent à considérer la prière de l’éclipse  comme étant une sunna fortement recommandée pour les hommes, ainsi que pour les femmes. Il est recommandé de la faire en commun conformément au hadith relaté par al-Moughira ibn Sho’ba dans lequel il dit : « le soleil s’est éclipsé au temps du Prophète (saws), le jour de la mort de son fils Ibrahim (que la paix soit sur lui) en l’an 10 de Hégire. Les gens dirent alors : « le soleil s’est éclipsé pour la mort de Ibrahim ». Le Prophète (saws) dit alors : « Le soleil et la Lune sont deuxsignes parmi tant d’autres de Dieu. Ils ne s’éclipsent ni à la mort ni à la naissance de personne. Quand vous voyez cela se produire, implorez Dieu et priez jusqu’à la fin de l’éclipse » (rapporté par al-Boukhari et Mouslim).

– Elle se compose de deux rakaas. Chaque rakaa comporte deux « Qiyam » (position debout pour la récitation) et deux inclinaisons conformément au hadith ci-dessus. Le temps légal de cette prière commence du début de l’éclipse solaire ou lunaire et s’étend jusqu’à son terme.

– Le sermon après les deux rakaas est une condition de validité de cette prière pour ash-Shafi’i, une sunna pour Abou Hanifa et Malik uniquement après la prière de l’éclipse solaire. Il s’agit de deux sermons dans lesquels le « takbir » est remplacé par le « istighfar » (imploration du pardon divin).

– Cette prière peut se faire aussi bien à voix haute qu’à voix ou basse, mais la faire à voix haute est plus fiable comme l’estime al-Boukhari. La récitation à voix haute est d’autant plus recommandée pour la prière d’éclipse de la lune puisque ceci se produit pendant la nuit. Pour les châféites et mâlékites, la récitation du Coran se fera à voix basse et pour les hambalites, elle se fera à haute voix.

Source : Havre du savoir et doctrine malikite.