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Le mois de Chaâbane préambule au mois du Ramadan

« Seigneur Dieu! Fais que les mois de Rajab et de Chaâbane soient bénis pour nous et fais en sorte que nous atteignons le mois du Ramadan et que nous puissions profiter au maximum de ses bienfaits »[1].

Dans la vie du fidèle, il y a des moments, des périodes et des endroits où l’accomplissement de bonnes œuvres est plus opportun, a plus de mérite et plus agréable à Dieu. Le mois de Chaâbane fait partie de ces moments propices pour fortifier sa foi et se rapprocher de Dieu.   

Le compagnon Oussama ibn Zaïd raconte : « Le Messager de Dieu (PSL[2]) jeûnait certains jours d’affilés à tel point que nous pensions qu’il ne s’arrêtait jamais. Et il mangeait certains jours d’affilés à tel point qu’il ne jeûnait plus si ce n’est deux jours par semaine. Il les consacrait séparément au jeûne en dehors des périodes où il jeûnait. Il n’y a pas un mois où il se consacrait le plus au jeûne que pendant le mois de Chaâbane.  

Je lui posais la question à ce sujet : Cher Messager de Dieu! Tu te consacres au jeûne à tel point que tu ne le romps pratiquement plus. Et tu interromps le jeûne à tel point que tu ne t’y consacres presque plus, si ce n’est deux jours  par semaine. (…) En effet, le lundi et le jeudi,  les œuvres sont exposées au Seigneur de l’univers, et j’aime être en état de jeûne lorsque mes œuvres Lui sont exposées…  Je ne te vois pas autant jeûner les autres mois que pendant celui de Chaâbane. Il m’ répondu : C’est un mois  qui se trouve entre Rajab et Ramadan que beaucoup de gens négligent. Un mois durant lequel les actes sont présentés à Dieu, et je veille à ce que mes actes soient présentés à Dieu alors que je suis en état en jeûne »[3].

Ce hadith nous informe au sujet de l’importance du jeûne chez le Prophète (PSL) durant l’année et plus particulièrement pendant le mois de Chaâbane.  Mais, le seul mois que le Prophète (PSL) jeûnait en totalité est le mois du Ramadan. Le jeûne du mois de Chaâbane est un stage de préparation pour mieux accueillir le mois du repentir, de l’introspection et de la méditation. C’est un bon entraînement pour préparer son organisme et son esprit afin de vivre pleinement le mois du Coran, de la Miséricorde, de la fraternité et de l’amour en Dieu.

D’après Anas Ibn Malek : « Quand les compagnons du Prophète (PSL) apercevaient le croissant du mois de Chaâbane, ils se penchaient sur la lecture du Coran. Les musulmans s’acquittaient de leur Zakat (l’aumône légale) pour que les pauvres et les nécessiteux puissent jeûner le mois du Ramadan dans de bonnes conditions. Les commerçants  mettaient à jour la gestion de leur commerce. Et aussitôt qu’ils voyaient le croissant de lune du mois de Ramadan, ils se purifiaient et redoublaient d’efforts en terme d’adoration, de bonté et de générosité ».

C’est ainsi que les compagnons du Prophète (PSL) déployaient les efforts nécessaires pendant le mois de Chaâbane et s’appliquaient sincèrement afin de mieux accueillir le mois du Ramadan. Pour nous, dans notre contexte et au milieu de nos diverses préoccupations, comment profiter du mois de Chaâbane  et préparer au mieux la venue du mois béni du Ramadan.

Quelques éléments de réponse :

  • Demander à Dieu sincèrement de nous permettre de profiter de ces instants bénis afin que nous puissions goûter à la douceur de Sa présence et de Sa proximité.

  • Se réconcilier avec Dieu et se repentir sincèrement de l’ensemble de nos  maladresses.

  • Jeûner, dans la mesure du possible, surtout la première moitié du mois de Chaâbane, en veillant particulièrement à ne pas rater les lundis et jeudis.

  • Se pencher sur la lecture du Coran, le méditer et le goûter.

  • Donner, aider et soutenir. Parmi les gages de véracité, le don est le plus concret et le plus quotidien.

  • Persévérer et s’appliquer dans l’accomplissement de  nos prières.

  • Être présent Dieu, se souvenir de Lui et Le mentionner inlassablement (dhikr).

  • Implorer le pardon de Dieu pour nos fautes, nos manquements et nos négligences.

  • S’habituer à accomplir la prière nocturne, notamment le dernier tiers de la nuit. En effet, la prière la plus agréable à Dieu après la prière obligatoire et celle effectuée au cours de la nuit.

  • Avoir la résolution sincère de corriger sa manière d’être et d’agir, de mieux se comporter et de réaliser une mutation éthique.

  • Avoir bon cœur. Un cœur habité par l’amour de Dieu et de Son Messager n’en veut à personne. Supporter les coups durs, préserver les liens d’amour et de compassion et pardonner à ceux qui nous ont fait du tort. 

  • Enfin, avoir bonne intention et être sincère. Le fidèle connaît l’importance de l’intention, et sait qu’elle est le secret, le fondement et la quintessence de toute acte d’adoration.

Durant cette période bénie,  chaque fidèle soucieux de sa complétude morale et de son accomplissement spirituel, doit faire tout son possible pour s’attirer la Miséricorde de Dieu, et ce, en répondant l’amour, la paix, le bien et en multipliant les œuvres pieuses. Sans oublier, bien entendu, d’être généreux et de partager avec ceux qui sont dans le besoin. Que nos bonnes actions ne soient rien d’autre que la conséquence immédiate de notre amour pour Dieu, pour Son Messager (PSL) et pour les êtres.


[1] Rapporté par Ahmed et An-Nassaî.

[2] PSL : paix et salut de Dieu sur lui.

[3] Rapporté par l’Imam Ahmed, An-Nassaî et Abou Daoud.


 

Eduquer son coeur

En tant que musulmans engagés, aspirant à un meilleur être moral et spirituel ; nous avons besoin aujourd’hui d’éduquer nos cœurs, de vivre une spiritualité active et de purifier nos intentions afin de goûter la douceur de la foi. Nous avons besoin de retrouver la paix du cœur afin d’avoir un éclairage sur soi et sur le monde.

Le cœur, pour le fidèle soucieux de sa complétude morale et de son accomplissement spirituel, est l’élément central de son cheminement spirituel. Donc, il faut préparer la terre pour qu’elle reçoive la semence, réhabiliter son cœur  pour qu’il s’illumine à la rencontre du message afin de mieux porter la responsabilité du témoignage.

Eduquer son cœur, c’est avant tout l’effort assidu pour goûter la douceur de la présence à Dieu. Le fidèle animé par la foi voue son existence, son action à Dieu jusqu’à ce qu’il porte en lui toutes les vertus de la bonté, de l’humilité.

 

La prière, une ascension spirituelle

La prière (Salât), est le pivot central de l’islam. Seul ou en groupe, le fidèle s’extirpe à l’emprise des sollicitations quotidiennes pour se mettre devant Dieu, aller à Sa rencontre et chercher Sa proximité. Le corps aussi bien que le cœur doivent participer, associés, à l’attitude globale de présence et d’humilité devant Dieu. La prière permet au fidèle d’être en relation directe et sans intermédiaire avec Dieu. Elle est le moyen le plus efficace pour développer son intimité avec Dieu et initier un dialogue serein entre l’adorateur et le Seigneur, Lui exposer ses doléances et ses aspirations, Lui confier ses déchirements, ses faiblesses et ses négligences.

Mais l’âme de la prière réside dans la présence à Dieu dans l’humilité. Le Prophète (psl) rapporte dans un hadith qodsi : [Dieu dit : « Je partage la prière avec mon adorateur » ; quand il dit : « Gloire à Dieu, Maître des mondes ! », je réponds : « Mon adorateur Me glorifie ! », quand il dit : « Le Clément, Le Compatissant ! » Je dis : « Mon adorateur Me fait louange ! », quand il dit : « Roi du jour du jugement ! », je dis : « Mon adorateur M’exalte ! » ; quand il dit : « C’est Toi que nous adorons, c’est de Toi que nous attendons assistance ! », je dis : « C’est le lien entre Moi et Mon adorateur ! », quand il dit : « Guide-nous dans le droit chemin, le chemin qu’ont suivi ceux que Tu as comblé de Tes bienfaits, qui ne sont ni l’objet de Ton courroux ni des égarés ! », je dis : « Cette faveur sera accordée à Mon adorateur, son vœu sera exaucé ! »].[1]

Le Prophète (psl) donnait l’exemple de la présence et de l’intimité avec Dieu; le hadith authentique rapporte : « Le Prophète (psl) se réfugiait dans la Prière chaque fois qu’un événement grave survenait »[2]. Fuite vers Dieu pour se ressourcer et implorer Son soutien et Son assistance afin  d’affronter les problèmes avec courage et détermination et non une fuite devant les responsabilités ou une esquive des devoirs.

Il est intéressant de remarquer que la prière a été institué au Ciel lors de l’ascension nocturne du prophète (psl). Toutes les autres adorations de l’islam ont été prescrites sur Terre. Cela montre la l’importance que doit accorder le fidèle, soucieux de son accomplissement spirituel, à la prière dans son cheminement. En effet, la prière est l’ascension spirituelle de chaque fidèle et le moyen qui lui permet de s’élever moralement et spirituellement pour accéder à la proximité de Dieu.

 

Le Prophète (psl) rapporte ces paroles divines qui placent la Prière dans le contexte global du cheminement : « Je n’accepte de Prière que de celui qui en fait l’occasion de s’humilier devant Ma Majesté, celui qui n’opprime pas Ma Créature, qui ne persiste pas une seule nuit dans le péché, qui se souvient de Moi, qui a pitié des nécessiteux et qui leur vient en secours. Celui-là, sa Lumière est éclatante. Je l’entoure de Ma protection. Je le fais protéger par Mes anges, Je l’illumine dans les ténèbres, Je lui inspire la douceur quand les autres deviennent violents. Parmi Ma créature il est comparable au firdaous parmi Mes paradis ». [3]

 


[1] Hadith rapporté par Moslim, Ahmed, Tirmidi, Abou Daoud, An Nassaî et ibn Maja selon Abou Hourayra.

[2] Rapporté par Al Boukhari selon Abou Hourayra.

[3] Rapporté par Al Bazzar.

Eduquer son coeur

Eduquer son cœur était le thème du vendredi 11 mars 2011. Effectivement, aujourd’hui, il nous faut éduquer nos cœurs. Il faut engager un effort d’envergure  pour goûter la douceur de la foi, vivre une spiritualité active et témoigner. Pré parer la terre pour qu’elle reçoive la semence, entretenir sa foi et préparer son cœur pour aller à la rencontre  du message et porter, comme il se doit, la responsabilité du témoignage.

Version arabe et français

Bonne écoute.

Un « islam officiel » pour légitimer l’islamophobie politique

par le centre Macolm X – publié le vendredi 18 mars 2011

Dans un contexte français marqué par une situation de crise, l’islam, deuxième religion de France, est devenue la cible préférée du Président. Le bouc émissaire idéal pour occulter une situation sociale alarmante. À chaque échéance électorale, l’islam et les musulmans de France se retrouvent au banc des accusés et au cœur des débats passionnels.

Le lancement du débat sur la place de l’islam en France, voulu par le président de la République, vient confirmer, encore une fois, le traitement exceptionnel dont bénéficie l’islam de France. Cela traduit la volonté de Nicolas Sarkozy de maintenir une gestion sécuritaire du fait musulman. C’est une violence institutionnelle, une politique de l’humiliation qui, à défaut d’épanouir et de promouvoir une authentique citoyenneté, exacerbe les identités et ne peut engendrer que la haine, la violence et l’extrémisme.

Le 10 mars 2011, à la mosquée de Paris, une conférence de presse était organisée par un ex-militant de l’UMP. L’événement aurait pu être mineur, si le lieu de son déroulement ne lui avait donné une portée symbolique.

En effet, nous sommes habitués à voir cette mosquée comme l’officine des gouvernements successifs, qui l’ont établie comme le fer de lance de l’islam acceptable et honorable auprès du grand public. Une mosquée inféodée au pouvoir algérien, et en même temps lieu de faire-valoir et vitrine d’un islam de l’État français. Dalil Boubaker, recteur de la grande mosquée de Paris, vient de nous surprendre en osant défier le gouvernement et le président de la République en leur demandant d’annuler le débat sur la laïcité et sur l’islam. Car, s’il y a bien un débat de trop et qui n’a pas lieu d’être, c’est bien celui-ci, d’autant plus qu’il risque fort d’ouvrir la porte à tous les dérapages et à toutes les expressions insultantes et islamophobes.

Une mosquée, qui abandonne la fonction qui lui a été a assignée, pour rétablir l’image du personnel politique qui ne cesse d’instrumentaliser l’islam et les musulmans. Une mosquée qui a contribué à laisser germer et s’installer les instrumentalisations de la peur de l’islam. Que se passe-t-il donc aujourd’hui ? Pourquoi ce « coup de gueule » d’une institution qui n’a cessé d’être un faire-valoir de la gestion coloniale du fait musulman en France ? Serait-ce un coup de pression, au moment où elle n’est plus ce prestigieux et incontournable partenaire officiel ?

Samedi 12 mars 2011, Dalil Boubakeur, après avoir reçu Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy et à son parti dans le débat controversé sur la place de l’islam en France. Un revirement indigne, qui en dit long sur la compromission de la mosquée de Paris et de son recteur, et met en évidence la caution qu’offrent ces derniers à ce débat stigmatisant pour l’islam et les musulmans de France.

Par ailleurs, Dalil Boubakeur a essayé, entre 1994 et 1995, de réaliser une OPA sur l’islam de France, en remettant aux autorités la Charte du culte musulman et en désignant cinq Muftis régionaux pour le représenter sur l’ensemble du territoire. Le Mufti sans mosquée de Marseille, Soheib Bencheikh, en faisait partie. Cette manœuvre avait pour objectif de s’imposer aux yeux des autorités comme l’interlocuteur officiel, tout en donnant l’impression de contrôler l’ensemble des mosquées de la République. Evidemment, cette initiative a été vouée à l’échec.

D’autre part, un autre acteur du paysage islamique de France s’agite après avoir servi, à son tour, la politique de Nicolas Sarkozy, « l’ami Nicolas ». Après avoir annoncé son éventuelle non-participation aux prochaines élections du CFCM, l’UOIF multiplie les actes de visibilité. Comme la mosquée de Paris, l’UOIF avait une position plus qu’ambiguë lors des débats précédant la loi du 15 mars 2004, relative à l’interdiction du foulard dit islamique dans les écoles. Une loi si mollement combattue par ce dernier au prix d’une reconnaissance politique.

L’UOIF n’a pas joué le jeu du rassemblement ou celui de l’union, comme son nom l’indique, lorsqu’en 2003 plusieurs organisations musulmanes ont joint leurs efforts pour essayer de s’opposer à la loi du 15 mars 2004. Une loi scélérate, qui fut le déclencheur d’une série d’actes islamophobes, libérant la parole raciste, et qui aura impulsé la logique de la diabiolisation des musulmans, dont on commence à voir aujourd’hui les effets caricaturaux.

Parallèlement, l’UOIF a joué le rôle de courroie de transmission du pouvoir et a été un moyen pour dompter les populations en révolte. Nous l’avons bien constaté lors de la prise d’otages au Moyen-Orient, et notamment lors de la révolte des banlieues en 2005. Il a fallu, pour rétablir « l’ordre » dans ces « zones de non droit », concocter une fatwa sur mesure, qui appelle au calme. Cette confessionnalisation des problèmes sociaux renvoyait à l’idée que, si la banlieue s’enflamme, c’est parce qu’elle est un terreau de l’islamisme, et que les jeunes se révoltent avant tout à cause de leur islamité. Effectivement, cela évite de désigner la politique sociale du gouvernement, source de racisme et de discriminations au quotidien, comme cause de révolte.

Comment peut-on oublier ce qui a déclenché la furie islamophobe ? Comment oublier le rôle pernicieux de ces organisations, alors que celles et ceux qui s’opposaient à la loi contre le foulard étaient diabolisés ? Comment oublier ce moment passé avec « l’ami Nicolas », invité au congrès de l’UOIF (congrès qui est l’unique occasion pour des milliers de musulmans de se retrouver en toute fraternité et toute diversité), qui lui a offert une tribune de lancement de sa campagne politique ? Comment oublier ?

Mais nous sommes de plus en plus nombreux à refuser d’oublier, et à ne plus accepter la dangereuse confusion entre islam, politique et stigmatisation. Un islam d’apparence cultuel, mais qui est avant tout un « islam politique », au service d’une politique. A l’instar de la majorité des pays musulmans, où l’islam est religion d’Etat, avec toutes les dérives qu’on lui connaît. Comment nous serait-il possible d’accepter les nouveaux rôles qu’essaient d’endosser ces organisations ?

La moindre des choses serait de présenter des excuses publiques face aux erreurs monumentales, voire aux fautes politiques graves, ayant entraîné la stigmatisation de l’islam. Il est manifestement difficile pour ces organisations, qui se sont toujours pensées comme les Institutions de l’islam de France, de comprendre que les temps changent, que les esprits évoluent, et qu’il ne s’agit plus de demander un droit mais de l’exercer. La citoyenneté ne se quémande pas, la citoyenneté ne se négocie pas. Elle s’exerce, elle se vit. La citoyenneté est plus qu’un lien avec notre environnement institutionnel et social, elle est le moyen de garantir la démocratie. Elle est l’expression d’un engagement permanent. La citoyenneté est un acte d’appropriation du projet de société, dans laquelle nous vivons.

Vouloir promouvoir le message de l’islam est une chose honorable, mais défendre les droits des musulmans en tant que citoyens ne peut s’articuler ailleurs que sur le terrain de la citoyenneté. La défense des droits des musulmans à être, est avant tout, une question de citoyenneté et donc une question éminemment politique.

Certes, la République garantit des droits, mais ne les protège dans les faits que lorsqu’ils sont relayés par des actions. Il est complètement contre-productif de prétendre défendre l’islam des citoyens français sur la base d’une représentation communautaire. S’enfermer dans cette logique, c’est trahir l’esprit républicain et celui promu par l’universalité de l’islam. Etre, à la fois, musulman de confession, originaire d’un pays quelconque, issu d’une culture venue d’ailleurs et citoyen français, est une construction identitaire multiple, comme tant d’autres appartenances identitaires d’autres concitoyens.

A force de se penser minoritaire, à force de se penser en dehors de chez soi, on se soumet à tous les caprices politiques, on se soumet à tous les calculs démagogiques. On s’ampute d’une posture universaliste et on s’emprisonne dans une posture minoritaire, voire victimaire.

Il est dommageable pour soi et pour les autres de croire que l’on peut trahir ses valeurs et se trahir au gré des conditions politiques et sociales. L’heure est à la transparence. L’heure est à l’engagement plein et entier. L’heure du changement, qui souffle de ces terres qu’on avait condamnées à jamais aux poubelles de l’histoire, nous enseigne que la dignité n’a pas de prix. Que l’on soit en 2011, en 2003, ou en 2011, le discours de la droite populiste n’a pas changé sur des sujets tels que l’immigration, l’islam, les quartiers populaires et la sécurité, mais ce qui a changé, peut-être, ce sont les supplétifs d’hier qui se prennent pour les Bouazizi d’aujourd’hui.

Source : http://oumma.com/Un-islam-officiel-pour-legitimer-l

Fréquenter les assises de la foi et du savoir

L’assise et ses mérites :

Les assises de la foi (majâliss al iman) sont des réunions d’étude, de dhikr (être présent à Dieu) et de spiritualité. Au temps du Prophète (psl), ces réunions étaient reconnus pour leur effet tonique sur les vertus de chacun. Le Prophète (psl) formait ses compagnons, façonnait leurs personnalités et reconstruisait leurs identités. L’assise était le moyen le plus efficace pour fortifier la foi, approfondir le savoir et renforcer les liens du cœur, l’amour, la fraternité, l’homogénéité et l’esprit d’équipe.

Anas ibn Malek rapporte que Abdallah Ibn Rawaha, disait chaque fois qu’il rencontrait un autre compagnon : « Viens que nous pratiquions l’iman un moment ! ». Un jour, il fit cette invitation à un homme qui se fâcha et vint trouver le Prophète (psl) : « O Messager de Dieu, lui dit-il, ne vois-tu pas cet Ibn Rawaha qui nous invite à des assises de la foi d’un moment ? ». Le Prophète (psl) a répondu : « Que Dieu garde Ibn Rawaha ! Il aime les assises où les anges font compétition pour y assister ».[1]

« Chaque fois, dit le Prophète (psl), qu’un groupe de fidèles se réunissent dans un endroit pour mentionner Dieu, pour réciter le Coran et discuter entre eux de sa signification, la paix du cœur descend sur eux, la miséricorde les recouvrent et Dieu les mentionne à ceux qui se trouvent en Sa présence ».[2] La simple récitation du Coran et la simple discussion de sens appellent sur nous un flot d’amour et de paix intérieure.

La prière, la récitation du Coran, l’apprentissage de la sunna du Prophète (psl) comme les autres disciplines de souvenance de Dieu, sont plus efficientes si elles s’accomplissent en groupe. Il y a une vertu particulière dans l’assemblée des fidèles ; on devient plus courageux en compagnie des braves. Le Prophète (psl) a dit : « Chacun a la même intensité de foi que son ami le plus intime. Choisissez donc vos amis avec soin ».[3]

En effet, fréquenter les assises de foi et de science, cultiver de bonnes relations avec les meilleurs moralement et spirituellement nous rappelle constamment la présence à Dieu et nous préserve de toute turpitude. Par ailleurs, les assises de la foi constitue un levier sans égal à même d’illuminer le cœur, de le rendre quiet et paisible dans un monde qui souffre de la tourmente et des troubles de tout genre.

Pourquoi fréquenter une assise de la foi :

Les raisons pour fréquenter une assise pour fortifier la foi et approfondir le savoir sont multiples et peuvent se résumer en trois niveaux :

Au niveau personnel :

  • Fortifier sa foi.
  • Approfondir ses connaissances religieuses et mieux comprendre sa religion. Il important pour le fidèle de comprendre les exigences d’appartenir à l’islam qui se résume en trois mots clés : j’apprends ma foi dans ses moindres détails, j’applique sincèrement avec  méthode et perfection et je témoigne de ma foi. Apprendre, appliquer et témoigner.
  • Améliorer sa pratique religieuse.
  • Persévérer dans le dikr et le rappel afin de trouver la tranquillité, la miséricorde et la paix intérieure.
  • Connaître le Prophète (psl) notre modèle par excellence afin de s’identifier à lui et sauvegarder sa sounna.
  • Connaître les compagnons du Prophète (psl) et les imiter sincèrement.
  • Apprendre à agir et à s’engager, en participant à des actions collectives pensées et organisées par les membres de l’assise.
  • Se former pour mieux se réformer.
  • Être conscient de ses responsabilités.

Au niveau fraternel et social :

  • Mieux se connaître.
  • Renforcer les liens d’amour en Dieu et de fraternité.
  • Développer l’esprit d’équipe.
  • Apprendre à dialoguer et à débattre dans le respect.
  • Apprendre à résister avec intelligence et sagesse.
  • Réfléchir ensemble et élaborer ensemble des stratégies d’actions.
  • Penser notre participation citoyenne à la lumière de la spiritualité.
  • Se recommander mutuellement la vérité et la nasiha.
  • Mieux porter la responsabilité du témoignage.

Quelques bienséances à observer pour l’assise :

  • Avant de commencer une assise dans le but de souvenir de Dieu, de fortifier sa foi et d’approfondir son savoir et l’intensifier, que celle-ci se passe dans la Mosquée ou dans tout autre endroit, il convient, dès que possible de se purifier, de faire ses ablutions, dès lors qu’on a les moyens de les faire.
  • Respecter l’horaire de l’assise, veiller à ne pas arriver en retard sauf cas particulier.
  • Avoir bonne intention et être sincère.
  • Se préparer moralement et spirituellement afin de participer, d’enrichir et débattre les cours proposés.
  • L’assise est une rencontre en Dieu et pour Dieu, il faut veiller à tirer le maximum de cette présence divine et que l’assise ne se transforme pas en discussion de salon.
  • Rechercher l’assistance et le soutien de Dieu : en effet, chacun sait qu’il est faible  et qu’il a besoin de cette assistance Divine pour se motiver, se remotiver et retrouver confiance en soi. « C’est Toi que nous adorons et c’est de Toi que nous attendons assistance »[4] ; « Et quiconque place sa confiance en Dieu. Dieu lui suffit »[5].
  • Avoir bon cœur. Un cœur habité par l’amour de Dieu et de Son Messager n’en veut à personne sinon à son propre égo et à Satan qui le font dévier du droit chemin.
  • L’application, l’effort et l’assiduité dans l’assise.
  • Faire acte de vigilance et de bon conseil.  La nasiha comporte l’idée de clarification, de vigilance, de proposition et de conseil. Le fidèle est tenu de participer, de critiquer, de proposer et d’agir pour l’intérêt de l’assise et du groupe.

[1] Rapporté par l’imam Ahmed selon Anas.

[2] Rapporté par Boukhari et Moslim selon Abou Hourayra.

[3] Rapporté par Tirmidhi et Abou Daoud selon Abou Hourayra.

[4] Sourate 1, verset 4.

[5] Sourate 65, verset 3.